URGENCE GAZA
ARRÊTEZ SANS CONDITION LE SIÈGE DE GAZA ! ARRÊTEZ LE MASSACRE À GAZA !

      C'est la population elle-même insoumise et enclose sans issue de secours par des décisions aux conséquences ethnocidaires qui est pressée, assassinée et blessée par milliers, par une armée qui extermine des vies, l'habitat, les équipements, en même temps que les conditions de la vie au-delà : agriculture et cheptel détruits et toxicité du sol.
"Crimes de guerre et peut-être : crime contre l'humanité" Stéphane Hessel, Swiss Info, 5-01-09. "Israel's Lies" Henry Siegman, 01-25- 09, The London Review of Books.
      "Nous vivons cette agression comme une punition collective" LEMONDE.FR | 06.01.09 | 19h05 • Mis à jour le 06.01.09 | 19h13 "[...] Haider Eid(er), maître de conférences à l'université Al-Aqsa, habite à quelques centaines de mètres des bâtiments ministériels de la ville de Gaza, pilonnés par l'aviation israélienne. "La première fois que le complexe ministériel a été bombardé je dormais. Tout le bâtiment a tremblé. Les vitres ont éclaté tout autour de moi. Il y avait du verre partout dans ma chambre. J'ai eu de la chance d'être allongé à ce moment là. Je n'ai plus fermé l'œil depuis. A l'instant où je vous parle, je peux voir des hélicoptères, des F-16 et des drones par ma fenêtre. Toutes les cinq minutes, il y a des tirs d'artillerie, des tirs d'obus ou des attaques aériennes", raconte-t-il alors que résonnent derrière lui des détonations. "Vous entendez ? C'est l'artillerie."
Cet universitaire, qui se définit comme un laïc, n'a pas voté pour le Hamas en 2006. Malgré ses convictions, il ne lui viendrait pas à l'idée de tenir le vainqueur des dernières législatives pour responsable de la situation. "Ce n'est pas une guerre entre Israël et le Hamas, mais une remise en cause de l'existence même du peuple palestinien. Nous vivons cette agression comme une punition collective : nous sommes bombardés parce que nous avons porté le Hamas au pouvoir. C'est un crime de guerre et un crime contre la démocratie."Selon lui, loin d'affaiblir le Hamas, l'attaque israélienne a soudé l'ensemble de la population contre "l'agresseur". "Mais la question dépasse largement le Hamas : parmi les combattants, il y en a de tous horizons. Il s'agit d'un mouvement de libération nationale. Cela me fait penser à ce qui s'est passé il y a deux ans au Liban. Israël voulait détruire les infrastructures du Hezbollah, qui est ressorti de cette guerre plus populaire que jamais..."
[...]" NON AU RÉHAUSSEMENT EUROPÉEN AVEC L'ÉTAT DE L'APARTHEID ET DE L'ETHNOCIDE !

THIS IS A TRIBUTE FROM CRITICALSECRET TO THE PALESTINIAN AUTHOR: HAIDAR EID,
WWW.CRITICALSECRET.COM ≠7 DIVIDED REALITY

A Gramscist Essay on Ahmed Qatamesh's notebook from the Palestinian prisons: "Reformulating the alternative"; more considering the Oslo Accords /// Essai gramscien sur le carnet des prisons palestiniennes de Ahmed Qatamesh "Reformuler l'alternative", en considérant les accords d'Oslo. EN Version - Version FR

HAIDAR EID,
ITW par téléphone : LE 30 DÉCEMBRE, PUBLIÉ LE 31
http://www.sources.com/Releases/NR115.htm
http://www.iol.co.za/index.php?click_id=3&set_id=1&art_id=vn20081229055813431C792089
http://socialistworker.org/2009/01/02/israels-war-of-terror 
; a review of videos since December 27

What is the media "The Electronic Intifada"? (the Palestinian reference from The Labour party in the UK).
Learning from South Africa from Savera Kalideen and Haidar Eid, The Electronic Intifada, 2 October 2008.
The Ethnic Cleansing of Palestine from Illan Pappe (Video Conferences from his eponym book through the world).
The One Democratic State Group
 --towards a Unitary Democratic State *. The Free Gaza Movement. Anti-War.com. Palestine Info (UK). Voice of Palestine (CA). Protection Palestine. Info-Palestine. EuroPalestine. Palestine-solidarité. France-Palestine (Collectif National Pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens). Union Juive Française pour la Paix. The Palestine chronicle.

GLOBAL BDS MOVEMENT (le texte de Naomi Klein en pied de page) ARTICLES ET LIENS APPELANT AU BOYCOTT :
-- Naomi Klein, The Guardian, Saturday 10 January: Boycott Divestment Sanctions (BDS). Enough. It's time for a boycott ; Version française : Assez ! Le temps du boycott est arrivé
The best way to end the bloody occupation is to target Israel with the kind of movement that ended apartheid in South Africa
+ http://www.naomiklein.org/articles/2009/01/israel-boycott-divest-sanction

-- Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI):
Call for Academic and Cultural Boycott of Israel
http://www.pacbi.org/
-- The Golbal BDS Movement: Boycott, Divestment, Sanctions: A Call from Gaza
http://www.bdsmovement.net/
La contre-campagne pro-israélienne qui procure les informations utiles et les marques -- moins L'Oréal -- pour aider Israël (source d'information légale a contrario, face à l'interdiction de nommer les marques) :
http://www.upjf.org/contributeurs-specialises/article-15437-145-7-operation-729-defendre-produits-israeliens-contre-boycott-illegal-youval-barzillai.html

Nous, parmi les pays européens de la tradition des droits de l'homme soi-disant universels, que pourtant nous bafouons chaque jour davantage, nous, qui avons vidé la démocratie et la république populaires de leurs droits civiques, qui n'en formulons plus que des interdictions, qui emprisonnons sans objet éprouvable en maintenant sous les verrous arbitrairement les anticonformistes, qui pensons accroître le personnel des hopitaux psychiatriques par du personnel pénitentiaire, qui en pleine récession économique ne faisons que multiplier le nombre de la police, qui traitons par la tendinite du boxeur frappant les gardiens de prison les prisonniers de droit commun accumulés dans les cellules, nous, qui faisons allégeance au Pentagone et au réseau du pouvoir mondial des lobbies garanti par l'OTAN : qui sommes-nous maintenant pour donner des leçons de liberté politique à la diversité populaire qui n'entend pas se ressembler ? Sinon le suppôt de la pire alliance avec la puissance militaire qui veut dominer le monde en le militarisant pour le contrôler à n'importe quel prix, y compris celui de reprendre les flambeaux du nazisme, de la technocratie en passant par l'eugénisme à la purification "politique", tout ce que Speer, ministre de l'équipement de Hitler, avait prévu du devenir occidental, dans l'ouvrage qu'il écrivit pendant sa détention : "Au coeur du 3è Reich"... et on appelle cela les pays alignés. Pourtant, nous le peuple d'ici, avec tous ceux levés partout dans le monde, pour protester contre l'accablement atroce de Gaza, et avec les mouvements anti-guerre, nous crions : ASSEZ ! STOP À L'EXTERMINATION D'UN PEUPLE !

France Palestine : ISRAEL: ARRÊTEZ LES BOMBES SUR GAZA !

UJFP : EU: ARRÊTEZ LE BLOCUS DE GAZA !
" [...] Il n’y a aucun statu quo possible, aucune perpétuation envisageable de ce siège impitoyable et criminel. Tout peuple assiégé a le droit de résister à l’oppression.
Aucune symétrie ne peut être établie avec les quelques missiles qui sont tombées sur des villes israéliennes. Il n’y aura pas de sécurité pour les Israéliens sans sécurité pour la population de Gaza. Les politiques européenne et américaine depuis Annapolis, en évitant d’affronter la réalité de l’occupation, aboutissent à l’impasse attendue dont encore une fois le peuple palestinien paie tout le prix. [...
]"

Ligue des droits de l'homme, France : Lundi 29 décembre, "Crimes de guerre à Gaza : assez de silence complice ! globalement la population palestinienne sans discrimination de parti sous les bombes et les forces d'occupation israéliennes, quelle que soit la situation de guerroiement inter-palestinien il y a résistance légitime au déni de la démocratie électorale, à l'humiliation altérophobe, à la suppression des conditions de vie, et à l'oppression qui ignore les pactes communs et se joue de ses propres lois, et nous soutiendrons la population sans chercher à trier la lie et l'ivraie jusqu'à ce qu'une situation de paix honorable et équitable pour tous y compris le Hamas légalement élu, sans exclusion de la diversité palestinienne, sans laisser sous le joug irréductible des accords d'Oslo quiconque ni aucune des deux régions palestiniennes aujourd'hui séparées. Nous ne nous laisserons pas abuser par les concepts médiatiques d'un pouvoir homicide.

"Gaza, choc et effroi" dimanche 28 décembre 2008, par Alain Gresh, Le Monde diplomatique

À Paris, le 29 décembre 2008,
La directrice des publications de criticalsecret

A. G-C.

* (lire l'article de Tariq Ali en pie de page) Sur "La solution d'un seul État démocratique Israël-Palestine" et les nationalismes régionaux : utopie ou engagement politique ? C'est en tous cas l'hypothèse d'un État formulé contre l'apartheid par la gauche socialiste radicale, qui comprend des palestiniens et des israéliens de l'Intérieur et de la diaspora. La coexistence pacifique pluri-ethnique dans l'empire ottoman depuis le XVIIIè siècle, avec les migrations au XIXè siècle, puis au début du siècle dernier, constituent la source du projet actuel, contre "l'épuration ethnique" dont le fil rouge commence à la fondation officielle d'Israël avec les tueries de 1948. Alors que les accords d'Oslo mettaient à jour la possibilité de deux États séparés, en commençant par un État binational Israêl-Palestine avec deux territoires palestiniens sous l'autorité économique et politique israélienne, pour gérer le progrès de leur autonomie, des analystes critiques y dénotèrent des prédictions de l'apartheid et de la poursuite de l'épuration ethnique, qui de fait se réalisèrent comme on sait, au long d'un calendrier sans cesse suspendu, du développement des colonies, de leur contre partie terroriste dans les villes israéliennes, du mur, des check points, de la répression de la population et de la résistance palestiniennes, et des assassinats politiques israéliens contre les activistes palestiniens. Malgré les affrontements civils et les massacres dont furent généralement victimes et de très loin en nombre supérieur les palestiniens depuis 1947, la solution actuelle inspirée de l'humaniste palestinien-américain Edward Saïd, reprise par l'israélien et anglais Ilan Pappe et leurs camarades, apparaît l'alternative émergente de la faillite des accords d'Oslo. La conférence internationale pour un seul Etat démocratique (non binational) a eu lieu à Londres des 14 au 17 novembre 2007 organisée dans le cadre du Labour party. Y ont contre-répondu les Etats-Unis et Israël avec Mahmoud Abbas comme représentant officiel des territoires palestiniens, par une proposition miltaire de paix entre les deux États dans le cadre d'une soumission palestinienne à Israël, lors de la conférence internationale d'Annapolis (avec une quarantaine d'États représentés) le 27 novembre 2007. Le 30 décembre 2008, alors que les bombardements faisaient rage sur la bande de Gaza, Tariq Ali, dans un article publié par The Guardian, a endossé la proposition d'un seul État démocratique : "From the ashes of Gaza : In the face of Israel's latest onslaught, the only option for Palestinian nationalism is to embrace a one-state solution". Retour aux frontières de 1967 et coexistence pacifique de deux États autonomes, ou instauration d'un seul État démocratique, laïque (comme la Syrie par exemple) Palestine-Israël, dans tous les cas c'est la réalité démocratique attachée à un seul État qui présidera probablement la résolution de la diversité palestinienne et d'Israël, ou de la diversité palestinienne elle-même advenant en démocratie par elle-même, dans le cadre d'une Palestine autonome.

Dernière mise à jour le 9 février 2009

ASSEZ ! LE TEMPS DU BOYCOTT EST ARRIVÉ

Naomi Klein
Traductrice Isabelle Rousselot, correcteur Fausto Giudice, tlaxcala.es, Journal des traducteurs, 14 janvier 2009 ;
d'après l'article du 10 janvier 2009 paru dans The guardian

La meilleure façon d'en finir avec l'occupation sanglante est de viser Israël avec le même type d'action qui a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud.

Il est temps. Il est même largement temps. La meilleure stratégie pour mettre fin à l'occupation toujours plus sanglante perpétrée par Israël est de l'attaquer avec le même type de mouvement international qui a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud. En juillet 2005, une énorme coalition de groupes palestiniens avait établi des plans pour faire cela. Ils avaient fait appel aux « gens de conscience dans le monde entier, pour imposer de larges boycotts et mettre en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, similaires à celles appliquées à l’Afrique du Sud durant la période de l'apartheid ». La campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) était née.
Chaque nouveau jour de pilonnage d'Israël sur Gaza amène plus de convertis à la cause du BDS, même parmi les Juifs israéliens. Au beau milieu des assauts, environ 500 Israéliens, avec parmi eux des douzaines d'artistes et d’universitaires réputés, envoyèrent une lettre aux ambassadeurs étrangers en Israël. Ils appelaient à « l'adoption de mesures immédiates de restriction et de sanctions» et établissaient une claire comparaison avec la lutte contre l'apartheid. « Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace mais on prend des gants pour traiter avec Israël…Ce soutien international doit cesser. »

Cependant, même face à ces appels clairs, beaucoup d'entre nous ne peuvent pas s'y résoudre. Les raisons sont complexes, émotionnelles et compréhensibles. Seulement, elles ne suffisent pas. Des sanctions économiques sont l'outil le plus efficace dans l'arsenal de la non-violence.

Voici les quatre objections principales à la stratégie de la campagne BDS, suivies de leurs contre-arguments :

— Des mesures punitives vont aliéner les Israéliens plutôt que les convaincre :

Le monde a essayé ce qu'on a appelé un « engagement constructif ». Il a échoué complètement. Depuis 2006, Israël a progressivement intensifié son action criminelle : élargissant ses territoires, lançant une guerre scandaleuse contre le Liban, et imposant une punition collective à Gaza à travers des blocus brutaux. Malgré cette escalade, Israël n'a pas eu à faire face à des mesures punitives, bien au contraire.

Les armes et les 3 milliards $ d'aide annuelle envoyés par les USA à Israël ne sont qu'un début. Durant cette période capitale, Israël a bénéficié d'une amélioration spectaculaire dans ses relations diplomatiques, culturelles et commerciales avec une variété d'autres alliés. Par exemple, Israël est devenu le premier pays en dehors d'Amérique Latine à signer un accord de libre-échange avec le bloc du Mercosur. Dans les neuf premiers mois de 2008, les exportations d'Israël au Canada ont augmenté de 45 %. Un nouvel accord a été signé avec l'Union Européenne afin de doubler les exportations d'aliments industriels venus d'Israël. Et en décembre, les ministres européens ont « revalorisé » l'association contractuelle entre l'UE et Israël, une récompense convoitée depuis longtemps par Jérusalem [elle voulait dire : Tel Aviv, NDR].

C'est dans ce contexte, assurés de ne payer aucun coût significatif, que les dirigeants israéliens ont commencé leur dernière guerre. D'ailleurs, il est assez remarquable de voir que pendant les sept premiers jours de commerce en temps de guerre, l'index phare du marché boursier de Tel Aviv a grimpé de 10,7 %. Quand la carotte ne marche pas, il faut utiliser le bâton.

— Israël n'est pas l'Afrique du Sud :

Bien sûr que non. La pertinence du modèle sud-africain relève en ce qu'il démontre que les tactiques du BDS peuvent être efficaces lorsque des mesures moins fortes (manifestations, pétitions, lobbying en coulisses) ont échoué. Et, ce qui se passe dans les territoires occupés, fait écho de façon profondément consternante, à l'apartheid : cartes d'identité et laissez-passer avec des codes couleur, maisons détruites au bulldozer et déplacements forcés, routes réservées aux colons... Ronnie Kasrils, un éminent politicien sud-africain a déclaré que l’architecture de la ségrégation qu'il avait vu en Cisjordanie et à Gaza était « infiniment pire que l'apartheid ». C'était en 2007, avant qu'Israël ne commence sa guerre à grande échelle contre la prison à ciel ouvert qu'est Gaza.

— Pourquoi cibler particulièrement Israël quand les USA, la Grande-Bretagne et les autres pays occidentaux font la même chose en Irak et en Afghanistan ?

Le boycottage n'est pas un dogme, c'est une tactique. Cette stratégie doit être essayée pour une raison pratique : dans un pays si petit et si dépendant de son commerce extérieur, cette solution pourrait vraiment marcher.

— Le boycott rompt la communication ; nous avons besoin de plus de dialogue, pas de moins :

A ceci, je répondrais avec une histoire personnelle. Pendant huit ans, mes livres ont été publiés en Israël par éditeur commercial appelé Babel. Mais quand j'ai publié « La stratégie du choc », je voulais respecter le boycott. Sur le conseil des activistes du BDS, y compris le merveilleux écrivain John Berger, j'ai contacté un petit éditeur appelé Andalus. Andalus est un média activiste, profondément engagé dans le mouvement anti-occupation et c'est la seule maison d'édition israélienne dédiée exclusivement à la traduction de textes arabes en hébreu. Nous avons rédigé un contrat qui garantit que toutes les recettes vont au travail d'Andalus et rien pour moi. Je boycotte l'économie israélienne mais pas les Israéliens.

Notre modeste projet d'édition a nécessité des douzaines de coups de téléphone, d’emails, de messages instantanés, entre Tel Aviv, Ramallah, Paris, Toronto et la ville de Gaza. Le but de ce que je vous raconte est le suivant : lorsque vous vos engagez dans une stratégie de boycottage, le dialogue se développe de façon significative. L'argument comme quoi les boycotts vont nous isoler les uns des autres est particulièrement spécieux étant donné la gamme des technologies d'information bon marché que nous avons au bout des doigts. Nous nous noyons dans les canaux à notre disposition pour nous engueuler les uns les autres au-delà des frontières nationales. Aucun boycott ne peut nous arrêter.

Et c'est là que plus d'un de ces fiers sionistes se préparent à marquer un point important en me répliquant : est-ce que je ne sais pas que la plupart de ces mêmes jouets hi-tech viennent des centres de recherches israéliens, les leaders mondiaux en technologies de l’information ? C'est vrai mais pas tous. Plusieurs jours après le début de l'assaut israélien contre Gaza, Richard Ramsey, le gérant d'une entreprise de télécommunication britannique, spécialisée dans les services vocaux par internet, a envoyé un email à l MobileMax, une entreprise technologique israélienne : « en conséquence de l'action du gouvernement israélien de ces derniers jours, nous ne serons plus en mesure d'envisager de travailler avec vous ni avec aucune autre société israélienne. »

Ramsey a indiqué que sa décision n'était pas politique ; simplement il ne voulait pas perdre de clients. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un seul de nos clients, » il a expliqué, « donc c'était une mesure purement commerciale ».

C'est ce genre d'action froidement calculatrice qui a conduit de nombreuses sociétés à se retirer d'Afrique du Sud, il y a deux décennies. Et c'est précisément ce genre de calcul qui est notre espoir le plus réaliste de rétablir la justice en Palestine, justice qu'on lui refuse depuis si longtemps.

Autre traduction in La République des Lettres : "Israël Boycott : Désinvestissement, sanctions. Naomi Klein"

_______________

SOURCE

Israel: Boycott, Divest, Sanction (BDS)

It's time. Long past time. The best strategy to end the increasingly bloody occupation is for Israel to become the target of the kind of global movement that put an end to apartheid in South Africa.


By Naomi Klein
http://www.naomiklein.org/articles/2009/01/israel-boycott-divest-sanction

January 8th, 2009

In July 2005 a huge coalition of Palestinian groups laid out plans to do just that. They called on "people of conscience all over the world to impose broad boycotts and implement divestment initiatives against Israel similar to those applied to South Africa in the apartheid era." The campaign Boycott, Divestment and Sanctions—BDS for short—was born.

Every day that Israel pounds Gaza brings more converts to the BDS cause, and talk of cease-fires is doing little to slow the momentum. Support is even emerging among Israeli Jews. In the midst of the assault roughly 500 Israelis, dozens of them well-known artists and scholars, sent a letter to foreign ambassadors stationed in Israel. It calls for "the adoption of immediate restrictive measures and sanctions" and draws a clear parallel with the antiapartheid struggle. "The boycott on South Africa was effective, but Israel is handled with kid gloves.… This international backing must stop."

Yet even in the face of these clear calls, many of us still can't go there. The reasons are complex, emotional and understandable. And they simply aren't good enough. Economic sanctions are the most effective tools in the nonviolent arsenal. Surrendering them verges on active complicity. Here are the top four objections to the BDS strategy, followed by counterarguments.

1. Punitive measures will alienate rather than persuade Israelis. The world has tried what used to be called "constructive engagement." It has failed utterly. Since 2006 Israel has been steadily escalating its criminality: expanding settlements, launching an outrageous war against Lebanon and imposing collective punishment on Gaza through the brutal blockade. Despite this escalation, Israel has not faced punitive measures—quite the opposite. The weapons and $3 billion in annual aid that the US sends to Israel is only the beginning. Throughout this key period, Israel has enjoyed a dramatic improvement in its diplomatic, cultural and trade relations with a variety of other allies. For instance, in 2007 Israel became the first non–Latin American country to sign a free-trade deal with Mercosur. In the first nine months of 2008, Israeli exports to Canada went up 45 percent. A new trade deal with the European Union is set to double Israel's exports of processed food. And on December 8, European ministers "upgraded" the EU-Israel Association Agreement, a reward long sought by Jerusalem.*

It is in this context that Israeli leaders started their latest war: confident they would face no meaningful costs. It is remarkable that over seven days of wartime trading, the Tel Aviv Stock Exchange's flagship index actually went up 10.7 percent. When carrots don't work, sticks are needed.

2. Israel is not South Africa. Of course it isn't. The relevance of the South African model is that it proves that BDS tactics can be effective when weaker measures (protests, petitions, back-room lobbying) have failed. And there are indeed deeply distressing echoes [The Independent] of South African apartheid in the occupied territories: the color-coded IDs and travel permits, the bulldozed homes and forced displacement, the settler-only roads. Ronnie Kasrils, a prominent South African politician, said that the architecture of segregation that he saw in the West Bank and Gaza was "infinitely worse than apartheid" [Mail and Guardian Online]. That was in 2007, before Israel began its full-scale war against the open-air prison that is Gaza.

3. Why single out Israel when the United States, Britain and other Western countries do the same things in Iraq and Afghanistan? Boycott is not a dogma; it is a tactic. The reason the BDS strategy should be tried against Israel is practical: in a country so small and trade-dependent, it could actually work.

4. Boycotts sever communication; we need more dialogue, not less. This one I'll answer with a personal story. For eight years, my books have been published in Israel by a commercial house called Babel. But when I published The Shock Doctrine, I wanted to respect the boycott. On the advice of BDS activists, including the wonderful writer John Berger, I contacted a small publisher called Andalus. Andalus is an activist press, deeply involved in the anti-occupation movement and the only Israeli publisher devoted exclusively to translating Arabic writing into Hebrew. We drafted a contract that guarantees that all proceeds go to Andalus's work, and none to me. In other words, I am boycotting the Israeli economy but not Israelis.

Coming up with our modest publishing plan required dozens of phone calls, e-mails and instant messages, stretching from Tel Aviv to Ramallah to Paris to Toronto to Gaza City. My point is this: as soon as you start implementing a boycott strategy, dialogue increases dramatically. And why wouldn't it? Building a movement requires endless communicating, as many in the antiapartheid struggle well recall. The argument that supporting boycotts will cut us off from one another is particularly specious given the array of cheap information technologies at our fingertips. We are drowning in ways to rant at one another across national boundaries. No boycott can stop us.

Just about now, many a proud Zionist is gearing up for major point-scoring: don't I know that many of those very high-tech toys come from Israeli research parks, world leaders in infotech? True enough, but not all of them. Several days into Israel's Gaza assault, Richard Ramsey, the managing director of a British telecom specializing in voice-over-internet services, sent an email to the Israeli tech firm MobileMax. "As a result of the Israeli government action in the last few days we will no longer be in a position to consider doing business with yourself or any other Israeli company."

Ramsey says that his decision wasn't political; he just didn't want to lose customers. "We can't afford to lose any of our clients," he explains, "so it was purely commercially defensive."

It was this kind of cold business calculation that led many companies to pull out of South Africa two decades ago. And it's precisely the kind of calculation that is our most realistic hope of bringing justice, so long denied, to Palestine.

*On January 14, in response to Israel's aggression in Gaza, the EU called off its plans to upgrade the EU-Israel Association Agreement, a sign of growing understanding that political sanctions can be brought to bear to bring an end to the war.

------------

This column was first published in The Nation : http://www.thenation.com/

Further Information:
The only international news network covering every aspect of the war on Gaza is Al Jazeera English. The station isn't available in North America but you can watch it live in high-quality through www.livestation.com (player download is required).

_____
__________


From the ashes of Gaza

In the face of Israel's latest onslaught, the only option for Palestinian nationalism is to embrace
a one-state solution


By Tariq Ali

(The Guardian 30 Janvier 2009)

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2008/dec/30/gaza-hamas-palestinians-israel1

The Guardian
Tuesday 30 December 2008 08.00 GMT


The assault on Gaza, planned over six months and executed with perfect timing, was designed largely, as Neve Gordon has rightly observed, to help the incumbent parties triumph in the forthcoming Israeli elections. The dead Palestinians are little more than election fodder in a cynical contest between the right and the far right in Israel. Washington and its EU allies, perfectly aware that Gaza was about to be assaulted, as in the case of Lebanon in 2006, sit back and watch.

Washington, as is its wont, blames the pro-Hamas Palestinians, with Obama and Bush singing from the same AIPAC hymn sheet. The EU politicians, having observed the build-up, the siege, the collective punishment inflicted on Gaza, the targeting of civilians etc (for all the gory detail, see Harvard scholar Sara Roy's chilling essay in the London Review of Books) were convinced that it was the rocket attacks that had "provoked" Israel but called on both sides to end the violence, with nil effect. The moth-eaten Mubarak dictatorship in Egypt and Nato's favourite Islamists in Ankara failed to register even a symbolic protest by recalling their ambassadors from Israel. China and Russia did not convene a meeting of the UN security council to discuss the crisis.

As result of official apathy, one outcome of this latest attack will be to inflame Muslim communities throughout the world and swell the ranks of those very organisations that the west claims it is combating in the "war against terror".

The bloodshed in Gaza raises broader strategic questions for both sides, issues related to recent history. One fact that needs to be recognised is that there is no Palestinian Authority. There never was one. The Oslo Accords were an unmitigated disaster for the Palestinians, creating a set of disconnected and shrivelled Palestinian ghettoes under the permanent watch of a brutal enforcer. The PLO, once the repository of Palestinian hope, became little more than a supplicant for EU money.

Western enthusiasm for democracy stops when those opposed to its policies are elected to office. The west and Israel tried everything to secure a Fatah victory: Palestinian voters rebuffed the concerted threats and bribes of the "international community" in a campaign that saw Hamas members and other oppositionists routinely detained or assaulted by the IDF, their posters confiscated or destroyed, US and EU funds channelled into the Fatah campaign, and US congressmen announcing that Hamas should not be allowed to run.

Even the timing of the election was set by the determination to rig the outcome. Scheduled for the summer of 2005, it was delayed till January 2006 to give Abbas time to distribute assets in Gaza – in the words of an Egyptian intelligence officer, "the public will then support the Authority against Hamas."

Popular desire for a clean broom after ten years of corruption, bullying and bluster under Fatah proved stronger than all of this. Hamas's electoral triumph was treated as an ominous sign of rising fundamentalism, and a fearsome blow to the prospects of peace with Israel, by rulers and journalists across the Atlantic world. Immediate financial and diplomatic pressures were applied to force Hamas to adopt the same policies as those of the party it had defeated at the polls. Uncompromised by the Palestinian Authority's combination of greed and dependency, the self-enrichment of its servile spokesmen and policemen, and their acquiescence in a "peace process" that has brought only further expropriation and misery to the population under them, Hamas offered the alternative of a simple example. Without any of the resources of its rival, it set up clinics, schools, hospitals, vocational training and welfare programmes for the poor. Its leaders and cadres lived frugally, within reach of ordinary people.

It is this response to everyday needs that has won Hamas the broad base of its support, not daily recitation of verses from the Koran. How far its conduct in the second Intifada has given it an additional degree of credibility is less clear. Its armed attacks on Israel, like those of Fatah's Al-Aqsa Martyrs Brigade or Islamic Jihad, have been retaliations against an occupation far more deadly than any actions it has ever undertaken. Measured on the scale of IDF killings, Palestinian strikes have been few and far between. The asymmetry was starkly exposed during Hamas's unilateral ceasefire, begun in June 2003, and maintained throughout the summer, despite the Israeli campaign of raids and mass arrests that followed, in which some 300 Hamas cadres were seized from the West Bank.

On August 19 2003, a self-proclaimed "Hamas" cell from Hebron, disowned and denounced by the official leadership, blew up a bus in west Jerusalem, upon which Israel promptly assassinated the Hamas ceasefire's negotiator, Ismail Abu Shanab. Hamas, in turn, responded. In return, the Palestinian Authority and Arab states cut funding to its charities and, in September 2003, the EU declared the whole Hamas movement to be a terrorist organization – a longstanding demand of Tel Aviv.

What has actually distinguished Hamas in a hopelessly unequal combat is not dispatch of suicide bombers, to which a range of competing groups resorted, but its superior discipline – demonstrated by its ability to enforce a self-declared ceasefire against Israel over the past year. All civilian deaths are to be condemned, but since Israel is their principal practitioner, Euro-American cant serves only to expose those who utter it. Overwhelmingly, the boot of murder is on the other foot, ruthlessly stamped into Palestine by a modern army equipped with jets, tanks and missiles in the longest-armed oppression of modern history.

"Nobody can reject or condemn the revolt of a people that has been suffering under military occupation for 45 years against occupation force," said General Shlomo Gazit, former chief of Israeli military intelligence, in 1993. The real grievance of the EU and US against Hamas is that it refused to accept the capitulation of the Oslo Accords, and has rejected every subsequent effort, from Taba to Geneva, to pass off their calamities on the Palestinians. The west's priority ever since was to break this resistance. Cutting off funding to the Palestinian Authority is an obvious weapon with which to bludgeon Hamas into submission. Boosting the presidential powers of Abbas – as publicly picked for his post by Washington, as was Karzai in Kabul – at the expense of the legislative council is another.

No serious efforts were made to negotiate with the elected Palestinian leadership. I doubt if Hamas could have been rapidly suborned to western and Israeli interests, but it would not have been unprecedented. Hamas' programmatic heritage remains mortgaged to the most fatal weakness of Palestinian nationalism: the belief that the political choices before it are either rejection of the existence of Israel altogether or acceptance of the dismembered remnants of a fifth of the country. From the fantasy maximalism of the first to the pathetic minimalism of the second, the path is all too short, as the history of Fatah has shown.

The test for Hamas is not whether it can be house-trained to the satisfaction of western opinion, but whether it can break with this crippling tradition. Soon after the Hamas election victory in Gaza, I was asked in public by a Palestinian what I would do in their place. "Dissolve the Palestinian Authority" was my response and end the make-believe. To do so would situate the Palestinian national cause on its proper basis, with the demand that the country and its resources be divided equitably, in proportion to two populations that are equal in size – not 80% to one and 20% to the other, a dispossession of such iniquity that no self-respecting people will ever submit to it in the long run. The only acceptable alternative is a single state for Jews and Palestinians alike, in which the exactions of Zionism are repaired. There is no other way.

And Israeli citizens might ponder the following words from Shakespeare (in The Merchant of Venice), which I have slightly altered:

"I am a Palestinian. Hath not a Palestinian eyes? Hath not a Palestinian hands, organs, dimensions, senses, affections, passions? Fed with the same food, hurt with the same weapons, subject to the same diseases, healed by the same means, warmed and cooled by the same winter and summer, as a Jew is? If you prick us, do we not bleed? If you tickle us, do we not laugh? If you poison us do we not die? And if you wrong us, shall we not revenge? If we are like you in the rest, we will resemble you in that … the villainy you teach me, I will execute; and it shall go hard but I will better the instruction."

-----------

Traduction
http://www.protection-palestine.org/spip.php?article6790

Des cendre de la bande de Gaza

Face au dernier massacre israélien, la seule option pour le nationalisme palestinien est d’adopter la solution d’un seul état.

par Tariq Ali

guardian.co.uk, Mardi 30 Décembre 2008

L’attaque de Gaza, plannifiée depuis plus de six mois et exécutée au meilleur moment, visait largement, comme Neve Gordon l’a justement observé* , à aider les partis politiques israéliens pour gagner les prochaines élections. Les morts palestiniens ne sont guère plus que de la chair à élections dans une joute cynique entre la droite et l’extrême droite israélienne. Washington et ses alliés de l’Union Européenne, parfaitement informés que Gaza allait être attaquée, comme dans le cas du Liban en 2006, se sont installés pour assister au spectacle.

Washington accuse les palestiniens pro-Hamas, comme à son habitude ; Obama et Bush chantant le même hymne sur la partition de l’AIPAC [American Israeli Political Activity Committee]. Les politiciens de l’UE, ayant observé la mise en place du siège, la punition collective infligée à Gaza, les civils pris pour cibles, etc (pour tous les détails sanglants voir, dans London Review of Books, l’essai terrifiant de Sara Roy* , chercheuse à Harvard) furent d’avis que c’était les tirs de roquettes qui avaient ’provoqué" Israel, mais appelèrent les deux camps à mette fin à la violence, sans effet. La dictature bouffée aux mites de Mubarak en Egypte et les islamistes favoris de l’OTAN à Ankara n’ont même pas été capables d’une protestation symbolique comme le rappel de leurs ambassadeurs. La Chine et la Russie n’ont pas demandé la réunion du conseil de sécurité de l’ONU pour discuter de la crise.

Résultant de cette apathie officielle, l’une des conséquences de cette dernière attaque sera d’enflammer les communautés musulmanes à travers le monde et grossir les rangs de ces organisations que l’Ouest se targue justement de combattre, dans la "guerre contre le terrorisme".

La bain de sang à Gaza soulève, pour les deux camps, de plus amples questions stratégiques, liées à l’histoire récente. Un fait que l’on se doit de reconnaitre est qu’il n’y a pas d’Autorité Palestinienne. Il n’y en a jamais eu. Les accords d’Oslo furent un désastre complet pour les Palestiniens, créant un ensemble de ghettos déconnectés et minuscules, sous la surveillance permanente et brutale d’un garde chiourme. L’OLP, qui incarnait autrefois l’espoir palestinien, n’est guère plus qu’un quémandeur d’argent européen.

L’enthousiasme occidental pour la démocratie s’arrête lorsque sont élus ceux qui s’opposent à sa politique. L’Occident et Israël ont tout essayé pour assurer la victoire du Fatah ; les électeurs palestiniens ignorèrent menaces et promesses concertées de la "communauté internationale", au cours d’une campagne qui vit les membres du Hamas et autres opposants régulièrement arrêtés ou attaqués par l’armée israélienne, leurs affiches confisquées ou détruites, les fonds européens et états-uniens alimentant la campagne du Fatah et les membres du congrès US déclarant que le Hamas de devrait pas être autorisé à se présenter.

Même la date des élections fut choisie pour influencer les résultats. Prévue à l’été 2005, elle fut reportée en janvier 2006, pour donner à Abbas le temps de distribuer des prébendes à Gaza – selon un officier de renseignement égyptien, "le public soutiendra alors l’Autorité contre le Hamas".

Le souhait populaire d’un grand coup de balai, après 10 années de corruption, intimidation et arrogance du Fatah, s’est révélé plus fort que tout cela. Le triomphe électoral du Hamas fut considéré comme un signe inquiétant de la montée du fondamentalisme, et un coup terrible pour les perspectives de paix avec Israel, par les gouvernants et journalistes de tout l’Occident. Des pressions diplomatiques et financières furent immédiatement appliquées pour forcer le Hamas a adopter les mêmes politiques que celles des partis qu’il avait vaincus dans les urnes. Sans compromission avec l’avidité et la dépendance combinées de l’Autorité Palestinienne, l’enrichissement personnel de ses porte-paroles et policiers serviles, et leur approbation d’un "processus de paix" qui n’a mené que plus d’expropriation et de misère à la population, le Hamas a offert l’alternative d’une simplicité exemplaire. Sans la moindre des ressources de son rival, il a mis en place des cliniques, des écoles et des hopitaux, des programmes de formations et de protection sociale pour les pauvres. Ses dirigeants et ses cadres vivaient frugalement, au niveau des gens ordinaires.

C’est cette réponse aux besoins de la vie courante qui a valu au Hamas un large soutien, et non pas la récitation quotidienne des versets du Coran. On ne peut dire à quel point sa conduite lors de la deuxième Intifida a accru son degré de crédibilité. Ses attaques armées contre Israel, comme celles de la Brigade des Martyres d’Al-Aqsa, issue du Fatah, ou du Jihad Islamique, étaient des représailles contre une occupation plus meurtrière que jamais. Comparés aux tueries de l’armée israélienne, les frappes palestiniennes ont été peu nombreuses et espacées dans le temps. La dissymétrie apparut clairement durant le cessez-le-feu unilatéral du Hamas, commencé en juin 2003, et maintenu durant tout l’été malgré des raids israéliens répétés et les arrestations en masses qui ont suivi, lors desquelles quelques 300 cadres du Hamas furent capturés en Cisjordanie.

Le 19 août 2003, à Hébron, une cellule auto-proclamée du Hamas, non-reconnue et dénoncée par la direction officielle, fit sauter un bus à Jérusalem ouest. Après quoi, Israel assassina promptement le négociateur du Hamas pour le cessez-le-feu, Ismail Abu Shanab. Hamas, à son tour répliqua. En retour, l’Autorité Palestinienne et les états arabes bloquèrent le financement de ses oeuvres de bienfaisance et, en septembre 2003, l’UE déclara organisation terroriste tout le mouvement du Hamas, comme Tel Aviv l’exigeait depuis longtemps.

Ce qui a réellement distingué le Hamas, dans ce combat désespérément inégal, ce ne sont pas les attentats suicides, auxquels ont eu recours différents groupes concurrents, mais sa discipline supérieure – démontrée par la capacité à maintenir un cessez-le-feu unilatéral contre Israel durant l’année passée. Toute mort de civil doit être condamnée, mais puisque Israel en est le principal responsable, le credo des euro-américains ne sert qu’à démasquer ceux qui le prononcent. Sans commune mesure, le meurtre est l’apanage de l’autre camp, qui agresse sauvagement la Palestine avec une armée moderne équipée d’avions, de tanks et de missiles, lors de l’oppression armée la plus longue de l’histoire moderne.

"Personne ne peut rejeter ou condamner la révolte d’un peuple qui a souffert sous l’occupation militaire pendant 45 ans", a dit en 1993, le général Shlomo Gazit, ancien chef du renseignement militaire israélien. Ce que l’UE et les US reprochent vraiment au Hamas, c’est d’avoir refusé d’accepter la capitulation des accords d’Oslo, et d’avoir rejeté tous les efforts qui ont suivi, de Taba à Genève, pour rendre responsables les Palestiniens de leurs propres malheurs. Depuis, la priorité de l’Occident a toujours été de briser cette résistance. Couper les fonds de l’Autorité Palestinienne est une arme évidente pour forcer le Hamas à se soumettre. Une autre a consisté à renforcer les pouvoirs présidentiels de Abbas – publiquement désigné par Washington, comme l’a été Karzai à Kaboul – aux dépends du conseil législatif.

Aucun effort sérieux n’a été fourni pour négocier avec la direction palestinienne élue. Je ne sais pas si le Hamas aurait pu être rapidement subordonné aux intérêts israéliens et occidentaux, mais cela n’aurait pas été sans précédent. L’héritage programmatique du Hamas reste hypothéqué par la faiblesse la plus fatale du nationalisme palestinien : la croyance que les choix politiques sont soit rejeter entièrement l’existence d’Israel, soit accepter les restes démembrés d’un cinquième du pays. Entre le maximalisme fantaisiste du premier et le minimalisme pathétique du second, l’écart est trop court, comme l’histoire du Fatah l’a montré.

Le test pour le Hamas n’est pas de savoir s’il peut être domestiqué pour satisfaire l’opinion occidentale, mais plutôt de savoir s’il peut rompre avec cette tradition handicapante. Peu après la victoire électorale du Hamas à Gaza, un Palestinien m’a demandé en public ce que je ferais à leur place. "Dissoudre l’Autorité Palestinienne" fut ma réponse, et en finir avec la mascarade. Faire ainsi ramènerait la cause nationale palestinienne sur ses propres bases, avec l’exigence que le pays et ses ressources soit partagés équitablement, en proportion des deux populations qui sont de taille égale – pas 80% à l’une et 20% à l’autre, une dépossession d’une injustice telle qu’aucun peuple se respectant ne s’y soummettra jamais sur le long terme. La seule solution acceptable est celle d’un seul état pour Juifs et Palestiniens, dans lequel les exactions du sionisme soient réparées. Il n’y a pas d’autre voie.

Et les citoyens israéliens pourraient méditer les mots de Shakespeare (dans Le Marchand de Venise), que j’ai légèrement modifiés :

"Je suis Palestinien... un Palestinien n’a-t-il pas d’yeux ? Un Palestinien n’a-t-il pas de mains ?... des organes, des proportions, des sens, des émotions, des passions ? N’est-il pas nourri de même nourriture, blessé des mêmes armes, sujet aux mêmes maladies, guéri par les mêmes moyens, réchauffé et refroidi par le même été, le même hiver, comme un Juif ? Si vous nous piquez, ne saignons-nous pas ? Si vous nous chatouillez, ne rions-nous pas ? Si vous nous empoisonnez, ne mourons-nous pas ? Si vous nous faites tort, ne nous vengerons-nous pas ? Si nous vous ressemblons dans le reste, nous vous ressemblerons aussi en cela... La vilenie que vous m’enseignez, je la pratiquerai et ce sera dur, mais je veux surpasser mes maîtres."

_____
__________
_______________

The trauma etched on every face in Gaza
by Haidar Eid

===> Le traumatisme gravé sur chaque visage à Gaza
par Haidar Eid (traduction littérale A. G-C.)

January 26, 2009
26 janvier 2009

http://socialistworker.org/2009/01/26/the-trauma-on-every-face

Israel declared a unilateral "cease-fire" after pounding the
Palestinians of Gaza with air strikes and a ground invasion for more
than three weeks. The war plunged Gaza even deeper into suffering
already inflicted by an iron blockade imposed by Israel and the U.S.
after the Islamist Hamas party won a victory in January 2006 elections
to the Palestinian Legislative Assembly.

===> Israël a déclaré "un cessez-le-feu" unilatéral après avoir écrasé
les Palestiniens de la Bande de Gaza avec des raids aériens et une
invasion terrestre pendant plus de trois semaines. La guerre a plongé
plus profondément encore la Bande de Gaza dans la souffrance déjà
infligée par le blocus de fer imposé par Israël et les Etats-Unis
après que le parti islamiste du Hamas eut remporté la victoire aux
élections pour l'Assemblée législative palestinienne en janvier 2006.

Haidar Eid, a professor of English, political commentator, activist
and resident of Gaza City, has told the story of this war like few
others can. He provided eyewitness reports throughout Israel's bombing
campaign, the ground invasion and now the "cease-fire."

===> Haidar Eid, professeur d'anglais, politologue, activiste et
résidant de la ville de Gaza, a fait le récit de cette guerre comme
peu d'autres possibles. Il a fourni des rapports de témoignage
oculaire durant la campagne de bombardement d'Israël, l'invasion
terrestre -- et maintenant le "cessez-le-feu".

Haidar spoke with Eric Ruder about the political and military
consequences of the war--and the urgent need for activists around the
world to take up the struggle against Israel's apartheid.

===> Avec Eric Ruder, Haidar a parlé des conséquences politiques et
militaires de la guerre -- et du besoin urgent des activistes pour
relayer dans le monde entier la lutte contre l'apartheid d'Israël.

E.R.:
Do you think the cease-fire will hold?

===> Pensez-vous que le cessez-le-feu tiendra ?

H.E.:
The cease-fire is holding because Israel wants it to. Israel didn't want to spoil the Obama inauguration party. Israel wanted to join the
party.
Israel unilaterally declared a cease-fire, and then 12 hours later,
the Palestinian resistance movement also declared a one-week
cease-fire, as long as Israel withdraws all of its troops from Gaza.
But I think the proper word to describe what is going on is not
withdrawal, but redeployment. Israel wants to redeploy its troops
around Gaza, and again transform Gaza into the concentration camp it
had been before December 27, when they began their criminal war.
We still have 24-hour surveillance by Israeli drones flying overhead,
we still hear the F-16's and Apache helicopters, and I can see the
gunship in the Mediterranean from where I now sit. I don't know
whether to call that a "commitment to the cease-fire" or what.

===> Le cessez-le-feu tient parce que Israël le veut. Israël n'a pas
voulu gâter la partie d'inauguration d'Obama. Israël a voulu être de
la partie.
Israël a déclaré unilatéralement un cessez-le-feu et 12 heures plus
tard ce fut aussi le mouvement de résistance palestinien qui déclara
un cessez-le-feu d'une semaine, le temps qu'Israël retirât toutes ses
troupes de la Bande de Gaza.
Cependant, je pense que le mot approprié pour décrire ce qui se passe
n'est pas le retrait, mais le redéploiement. Israël veut redéployer
ses troupes autour de la Bande de Gaza et transformer de nouveau la
Bande de Gaza en camp de concentration tel qu'avant le 27 décembre,
quand ils commencèrent leur guerre criminelle.
Nous subissons encore la surveillance des drones israéliens qui nous
survolent 24h/24, nous entendons toujours les F-16 et les hélicoptères
Apache et d'où je suis assis maintenant je peux voir l'hélicoptère de
combat en Méditerranée. Je ne sais pas s'il faut appeler cela "un
engagement du cessez-le-feu" ou quoi.

To tell you the truth, people are extremely sad. For the last three
days, I've been visiting people, moving around and seeing lots of
destroyed houses, and looking at my neighborhood, which was attacked
last week.
The day before yesterday, I went to a farm near the Jabaliya refugee
camp in the eastern part of Gaza. Some 75 to 80 percent of the houses
were demolished by Israeli Caterpillar bulldozers.
I also visited the house of a friend who was shot dead, and then his
family had to keep him in their home for 11 days because no medics
could pick up the body for fear of being attacked by the Israelis. I
went to the funeral and gave my condolences to his father. I talked to
families whose houses were demolished.
There's just extreme...I don't know what the right words are. Sadness,
anger, frustration. But also resilience and steadfastness. I really
felt all of this.

===> Pour vous dire la vérité, la population est extrêmement triste.
Pendant ces trois derniers jours, j'ai rendu visite aux gens, je me
suis déplacé et j'ai vu des tas de maisons détruites et j'ai regardé
mon voisinage, qui a été attaqué la semaine dernière.
Avant-hier, je suis allé à une ferme près du camp de réfugiés de
Jabaliya dans la partie orientale de la Bande de Gaza. Environ 75 à 80
pour cent des maisons avaient été démolies par les bulldozers
Caterpillar israéliens.
J'ai aussi visité la maison d'un ami qui a été tué par balle et
ensuite sa famille a dû le garder dans leur maison pendant 11 jours
parce qu'aucun service sanitaire ne pouvait prendre le corps, de peur
d'une attaque par les Israéliens. Je suis allé aux obsèques et j'ai
présenté mes condoléances à son père. J'ai parlé aux familles dont les
maisons ont été démolies.
C'est extrême... je ne sais pas quels sont les mots justes. Tristesse,
colère, frustration. Mais aussi résilience et le fait d'être ferme.
J'ai vraiment ressenti tout cela.

Then yesterday, I went to the house of a friend who is an
academic--who works at Al Azra University. His house was also
attacked, and he lost everything. Everything. I took some pictures.
All the rooms are completely destroyed--three bedrooms, the bathroom,
the kitchen. He can't bring his family back.

===> Hier, je suis allé à la maison d'un ami qui est un universitaire
-- qui travaille à l'Université Al Azra. Sa maison aussi a été
attaquée et il a tout perdu. Tout. J'ai pris quelques photos. Toutes
les pièces sont complètement détruites -- trois chambres à coucher, la
salle de bains, la cuisine. Il ne peut pas faire revenir sa famille.

Then I went to the Zeitoun area, where the Samouni family lives.
Israel forced all the members of the family into a single building,
and then they shelled the building. So far, 37 family members are
confirmed dead, and they believe there are still relatives under the
rubble.
If death has a smell, it was there. The stench was horrible. That is
Gaza under cease-fire.

===> Ensuite je suis allé dans le secteur de Zeitoun, où vit la famille
Samouni. Israël a enfermé tous les membres de la famille dans un
bâtiment à part et ensuite ils ont bombardé la construction.
Jusqu'ici, 37 membres de famille sont confirmés morts et on croit
qu'il y a encore des parents sous les décombres.
Si la mort a une odeur, c'était là. La puanteur était horrible. C'est
la Bande de Gaza sous le cessez-le-feu.

The grandfather of the Samouni family was looking at his grandson, and
I'll remember what he said for the rest of my life. He said, "Where
can I bring him a father from? Where can I bring him a mother from?"
Because his grandson's parents and all of his brothers and sisters
have been killed. He was desperate. He was crying.
Then it struck me that this was a microcosm of a macrocosm--that is,
the Palestinian people as a whole. We have been left alone to die. We
have been orphaned as Palestinians.
Our Arab brothers have failed us. Our Muslim brothers and sisters have
failed us. And the international community at large failed us. We were
left alone to face the fourth-strongest army in the world, and the
official Arab governments failed, for 19 days, to even hold a summit.

===> Le grand-père de la famille Samouni regardait son petit-fils et
je me rappellerai ce qu'il a dit pour le reste de ma vie. Il a dit,
"D'où puis-je lui apporter un père ? D'où puis-je lui apporter une
mère ?" Parce que les parents de son petit-fils et tous ses frères et
soeurs ont été tués. Il était désespéré. Il pleurait.
Alors ce qui m'a frappé c'était le microcosme d'un macrocosme -
c'est-à-dire les Palestiniens dans l'ensemble. Nous avons été laissés
seuls pour mourir. Nous avons été rendus orphelins comme Palestiniens.
Nos frères arabes nous ont laissés tomber. Nos frères et nos soeurs
musulmans nous ont laissés tomber. Et la communauté internationale en
général nous a laissés tomber. Nous avons été laissés seuls pour faire
face à la quatrième armée la plus forte du monde et les gouvernements
arabes officiels ont échoué, pendant 19 jours, même à tenir un sommet.

I also spoke with Amira Qirm, a 14-year-old girl, whose father,
brother and sister were killed by exposure to white phosphorous bombs.
She was also wounded and crawled on her knees for half a kilometer,
and then she managed to get into an empty house. She laid on a
mattress on the floor from Wednesday to Saturday, surviving on water
alone. I visited her because she was found in my cousin's house.

===> J'ai aussi parlé avec Amira Qirm, une fillette de 14 ans, dont le
père, le frère et la soeur exposés aux bombes phosphorées blanches
furent tués. Elle était également blessée et a rampé sur les genoux
pendant la moitié d'un kilomètre, puis elle a réussi à entrer dans une
maison vide. Elle s'alita sur un matelas par terre de mercredi à
samedi, survivant seulement avec de l'eau. Je l'ai visitée parce
qu'elle a été trouvée dans la maison de mon cousin.

E.R.:
What about the flow of food and humanitarian and medical supplies into Gaza?

===> Concernant le flux de l'alimentaire, de l'humanitaire et des
médicaments, dans la Bande de Gaza ?

H.E.:
Prior to the war, we were under this medieval siege for two-and-a-half
years. Then they started this war, but now we are back under siege. In
other words, we experienced slow-motion genocide, as Israeli historian
Ilan Pappe has described it.
I don't know what to call what happened during the war. Gaza already
has been transformed into the Auschwitz of the Middle East, as a
famous Palestinian journalist said.

===> Avant la guerre, nous étions en état de siège médiéval depuis
deux ans et demi. Alors ils commencèrent cette guerre, mais maintenant
nous sommes de nouveau en état de le siège. Autrement dit, nous avons
expérimenté le génocide du mode ralenti, comme l'historien israélien
Ilan Pappe l'a décrit.
Je ne sais pas comment qualifier ce qui est arrivé pendant la guerre.
La Bande de Gaza a déjà été transformée en Auschwitz du Moyen-Orient,
comme un journaliste palestinien célèbre l'a dit.

The right description for Westerners is probably the scenes from the
German city of Dresden after the Second World War. But it is even
worse than that, judging from the pictures I've seen of Dresden. There
are more than 40,000 houses and institutions completely destroyed by
the Israeli war machine.
That includes the houses I've been telling you about, that includes
part of the Islamic University, legislative council buildings, police
stations, schools, UN schools for refugees, 18 mosques, and on and on.

===> La description précise pour des occidentaux serait probablement
les scènes de la ville allemande de Dresde après la deuxième Guerre
mondiale. Mais si j'en juge aux images de Dresde que j'ai vues c'est
encore pire que cela. Il y a plus de 40.000 maisons et institutions
complètement détruites par la machine de guerre israélienne.
Ce qui inclut les maisons dont je vous ai parlé, une partie de
l'université islamique, les bâtiments du conseil législatif, des
commissariats de police, des écoles, les écoles des Nations Unies pour
les réfigués, dix huit mosquées, et ainsi de suite.

We need something like $1.5 billion to $2 billion to start "standing
up," as we say in Arabic. And the prevailing view amongst Gazans is
that the cease-fire is only temporary. What guarantees that Israel
will not come back?

===> Nous avons besoin de quelque chose comme 1.5 milliards à 2
milliards de dollars pour commencer "à se relever" comme on dit en
arabe. Et parmi les gazouis il règne l'impression que le cessez-le feu
soit seulement provisoire. Qu'est-ce qui garantit qu'Israël ne
reviendra pas ?

If you remember, in March 2008, Israel gave us a rehearsal of what
would happen by attacking the Beit Hanoun and Jabaliya area. I
remember at that time that Natan Vilnai, the deputy minister of war
(who they call deputy minister of defense) threatened us with a bigger
"shoah"--the Hebrew word for holocaust.
That didn't provoke the necessary outcry from the international
community, which should express alarm when someone talks about
carrying out a holocaust. So Israel got the message--that the
international community wouldn't do anything if the Israelis carried
out a bigger shoah. That's why they came back on December 27.

===> Si vous vous souvenez, en mars 2008, Israël en attaquant le
secteur de Beit Hanoun et de Jabaliya nous a donné une répétition de
ce qui allait arriver. Je me souviens qu'à ce moment-là Natan Vilnai,
le ministre de la guerre (qu'ils appellent ministre adjoint à la
Défense), nous a menacés d'une plus large "shoah" - le mot hébreu pour
l'holocauste.
Cela n'a pas provoqué le tollé nécessaire de la communauté
internationale, qui aurait du exprimer son alerte que quelqu'un parle
d'exécuter un holocauste. Donc Israël a obtenu le message - que la
communauté internationale ne ferait rien si les Israéliens
effectuaient une plus large shoah. C'est pourquoi ils sont revenus le
27 décembre.

So if you talk to people, they say the Israelis might come back
tomorrow. What is there to stop them? Nothing. The Arab summit
produced nothing but empty rhetoric. The UN Security Council
Resolution 1860 means absolutely nothing. Israel never committed
itself to that resolution.

===> Par conséquent, si vous parlez aux gens, ils disent que les
Israéliens pourraient revenir demain. Qu'est-ce qu'il y a pour les
arrêter ? Rien. Le sommet arabe n'a rien produit sinon du vide
rhétorique. La résolution 1860 du conseil de sécurité de l'ONU ne
signifie absolument rien. Israël ne s'est jamais engagé à cette
résolution.

UN Secretary General Ban Ki Moon visited Gaza yesterday. He was
spineless. He came in a convoy of cars, then drove from the border
wearing a bulletproof vest, as if someone was going to shoot him from
the Eretz checkpoint to the United Nations Relief and Works Agency
headquarters.
Never visited Jabaliya, never visited the Zeitoun area. And then he
talked about the shocking scenes. But he didn't see anything.
That's why, as I said during our last interview, we have lost faith in
the official bodies of the international community--the European
Union, UN Security Council, Arab League, Organization of the Islamic
Conference and so on.

===> Ban Ki Moon le secrétaire général de l'ONU a visité heir la Bande
de Gaza. Il était veule. Il est entré avec un convoi de voitures, puis
il a roulé vers la frontière en portant un gilet pare-balles, comme si
quelqu'un allait le tuer entre le relief des Nations Unies, le
quartier général de l'Agence des Travaux, et le point de contrôle de
Eretz. Jamais visité Jabaliya, jamais visité le secteur Zeitoun. Et
ensuite il a parlé de scènes choquantes. Mais il n'a vu rien.
C'est pourquoi, comme j'ai dit pendant notre dernier interview, nous
avons perdu la foi dans les corps officiels de la communauté
internationale - l'Union européenne, le conseil de sécurité de l'ONU,
la Ligue des pays arabes, l'Organisation de la Conférence Islamique et
cetera.

I think the popular sense that we've been left alone is correct. Not a
single Arab country intervened. The best example of solidarity was
from Bolivia and Venezuela [which severed diplomatic ties with Israel
to protest the war on Gaza]. So the joke here in the streets of Gaza
goes, "Long live, Venezuela! The leading Arab country."

===> Je pense que le sens populaire selon lequel nous avons été
laissés seuls est correct. Pas un seul Pays arabe n'est intervenu. Le
meilleur exemple de solidarité est venue de Bolivie et du Venezuela
[qui a rompu ses liens diplomatiques avec Israël pour protester contre
la guerre de Gaza]. Ainsi va le jeu de mot dans les rues ici à Gaza :
"Vive, le Venezuela ! Le premier pays arabe."

We can't go to the south--to Rafah, to Khan Younis--but we can go to
the middle camps, such as Nusayrat and Burayj. We've been able to move
around some. But no food and still shortages of medicine. As I speak
to you right now, I have no electricity. No land line. No Internet
connection in my flat. That's the situation.

===> Nous ne pouvons pas aller au sud - à Rafah, à Khan Younis - mais
nous pouvons aller jusqu'aux camps moyens, comme à Nusayrat et à
Burayj. Quelques uns d'entre nous ont été capables de se déplacer.
Mais aucune alimentation et toujours le manque de médecine. À
l'instant où je vous parle, je n'ai aucune électricité. Aucune ligne
reliée. Aucune Connexion à Internet dans mon appartement. C'est la
situation.

How long will it take us to heal? On a personal level, I talk about
myself as Haidar before the Gaza war, and Haidar after the Gaza war. I
am conscious of the trauma--both the personal trauma and the
collective trauma. It's on every face on the streets of Gaza.
And the question is why? Why did Israel have to target children? They
killed 438 children. And then there are the 120 women, 95 old people,
16 medics, four journalists, five foreigners. And 85 to 90 percent of
those who were killed were civilians.

===> Combien de temps nous faudra-t-il pour guérir ? À un niveau
personnel, je parle de moi comme Haidar avant la guerre de Gaza et
Haidar après la guerre de e Gaza. Je prends conscience du traumatisme
- tant traumatisme personnel que le traumatisme collectif. Il est sur
chaque visage dans les rues de Gaza.
Et la question est pourquoi ? Pourquoi Israël a-t-il dû cible des
enfants ? Ils ont tué 438 enfants. Et puis il y a les 120 femmes, 95
vieillards, 16 soignants, quatre journalistes, cinq étrangers.

If this offensive has done something, it has succeeded in radicalizing
people and strengthening the will to resist the occupation. People
have now understood that this is the end of the so-called negotiations
with Israel. It's clear that negotiations with Israel within the
current imbalance of power are not going to lead us anywhere, but
surrender.

===> Si cette offensive a fait quelque chose, c'est réussir dans la
radicalisation du peuple et le renforcement de la volonté pour
résister à l'occupation. La population a maintenant compris que c'est
la fin des prétendues négociations avec Israël. Il est clair que les
négociations avec Israël dans le déséquilibre du pouvoir actuel ne va
pas nous mener n'importe où, mais à la reddition.

This is what the official leadership of the Palestinian Authority has
been doing. It has surrendered to the Zionist leadership of Israel.
And coexistence with Zionism, people here feel now, is
impossible--exactly like coexistence with apartheid was impossible for
the Black indigenous population of South Africa.
Therefore, as I see it, Israel must be transformed into a secular
democratic state--from a state for Jews only to a state for all its
citizens.

===> C'est ce que la direction officielle de l'Autorité palestinienne
a fait. Elle s'est rendue à la direction sioniste d'Israël. Et la
coexistence avec le sionisme, les gens ici sentent que maintenant,
c'est impossible - exactement comme la coexistence avec l'apartheid
était impossible pour la population indigène Noire d'Afrique du Sud.
Et donc, je le vois, Israël doit être transformé en un état
démocratique laïc - d'un état pour des Juifs seulement à un état pour
tous ses citoyens.

E.R.:
You are coughing a lot. Are you okay?

===> Vous toussez beaucoup ; ça va ?

H.E.:
Yes, it's just cold here, and I don't have windows [they were all
broken by shock waves from Israeli missiles]. At night, it gets pretty
cold--sometimes 3, sometimes 2, sometimes 5 degrees Celsius [just
above freezing]. But I'm okay.

===> Oui. c'est simplement qu'il fait froid ici et je n'ai pas de
fenêtres [elles ont été brisées par l'onde de choc des missiles
israéliens]. La nuit, cela devient franchement froid -- parfois 5,
parfois 3, parfois 2 degrés celsius [juste au-dessus du gel]. Mais ça
va.

E.R.:
Is your point about the "end of negotiations" that the last remaining
hope has been extinguished among Palestinians that the Oslo Accords
would accomplish a two-state solution?

===> Votre position sur "le terme des négociations" est-il que le
dernier espoir restant que les accords d'Oslo accomplissent une
solution à deux États se soit éteint parmi des Palestiniens ?

H.E.:
Absolutely when Israel started this war, it killed the two-state
solution. People were mostly already convinced that such a solution
was impossible--with the construction of the apartheid wall, with the
increase of the number of settlers to more than half a million, the
expansion of the settlement bloc around Greater Jerusalem, and so on.
This is what we, as one-state activists, have also been arguing. But
now, I think, people on the street have come to realize that Israel is
not sincere about the two-state solution, and by launching the latest
war against Gaza, it has shot the two-state solution in the head.
That's why I strongly believe--and I have been arguing this lately on
television and radio and in an article I've written--that there is a
golden opportunity for activists to start reformulating the
Palestinian national program.
The previous Palestinian national program represented the interest of
the bourgeois within Palestinian society, in the form of the Fatah
movement headed by Yassir Arafat in the 1980s and 1990s. That led to
the 1993 signing of the Oslo Accord.
But from 1993 until now, Israel has taken every possible step to
squash the two-state solution--by the measures I outlined: increasing
the number of settlers, annexing Jerusalem, the apartheid wall and so
on.

===> Absolument quand Israël a commencé cette guerre, cela a tué la
solution des deux États. La plupart de la population était déjà déjà
convaincue qu'une telle solution était impossible - avec la
construction du mur de l'apartheid, avec l'augmentation du nombre de
colons jusqu'à plus d'un demi-million, l'extension du bloc colonial
concentrique du plus Grand Jérusalem, et cetera.
C'est en tous cas ce que nous avons avancé, en tant activistes pour un
seul État. Mais maintenant, il me semble que le peuple de la rue en
est venu à se rendre compte qu'Israël n'est pas sincère dans la
solution des deux États, et qu'en lançant la dernière guerre contre
la Bande de Gaza, il a tué l'idée de la solution des deux États.
C'est pourquoi je crois fortement - et j'en ai discuté récemment à la
télévision et la radio et dans un article que j'ai écrit - qu'il y a
pour les activistes une occasion magnifique de commencer à reformuler
le programme national palestinien.

The previous Palestinian national program represented the interest of
the bourgeois within Palestinian society, in the form of the Fatah
movement headed by Yassir Arafat in the 1980s and 1990s. That led to
the 1993 signing of the Oslo Accord.
But from 1993 until now, Israel has taken every possible step to
squash the two-state solution--by the measures I outlined: increasing
the number of settlers, annexing Jerusalem, the apartheid wall and so
on.
The last bullet was when Israel launched the war on Gaza, but during
the last three years, Israel has transformed Gaza, with the complicity
of the international community, into the largest concentration camp in
the world--larger than the Warsaw Ghetto and even Auschwitz. And the
West Bank has been transformed into three large Bantustans--one in the
north with Jenin and Kalkilya, one in the middle with Ramallah, and
one in the south with Beit Lahoun and Hebron.
In other words, the two-state solution has become a façade, a fiction.
I think people understand this now.

===> Le programme national palestinien précédent, formulé par le
mouvement du Fatah dirigé par Yassir Arafat dans les années 1980 et
les années 1990, représentait l'intérêt bourgeois dans la société
palestinienne. Cela mena à la signature des accords d'Oslo en 1993.
Mais de 1993 jusqu'à présent, Israël a pris chaque occasion possible
d'écraser la solution des deux États - par les mesures que j'ai
décrites : en augmentant le nombre des colons, en annexant Jérusalem,
le mur de l'apartheid, et cetera.
La dernière balle fut quand Israël lança la guerre de la Bande de
Gaza, mais pendant les trois dernières années, Israël avait transformé
la Bande de Gaza, avec la complicité de la communauté internationale,
en un camp de concentration le plus grand du monde - plus grand que le
Ghetto de Varsovie et même qu'Auschwitz. Et la Cisjordanie fut
transformée en trois grands Bantoustans - un au nord avec Jenin et
Kalkilya, un au milieu avec Ramallah et un au sud avec Beit Lahoun et
Hebron.
Autrement dit, la solution des deux États est devenue un façade, une
fiction. Je pense que maintenant le peuple le comprend.

But having said that, it doesn't mean that people understand what the
one-democratic-state solution is. And this is the role for civil
society organizations and for us as activists--to start the
discussion. There aren't many groups calling for a one-state solution
at this time, but we have the support of many intellectuals--such as
Ilan Pappe, Ali Abunimah, Ramzy Baroud, Omar Barghouti, and so on.

===> Néanmoins cela étant dit ne signifie pas que la population comprenne
ce qu'est la solution d'"un État démocratique". Et c'est le rôle des
organisations de la société civiles et le nôtre comme activistes - de
commencer la discussion. Il n'y a pas beaucoup de groupes appelant à
une solution pour un seul État en ce moment, mais nous avons l'appui
de beaucoup d'intellectuels - comme Ilan Pappe, Ali Abunimah, Ramzy
Baroud, Omar Barghouti, et d'autres.

E.R.:
When Israeli Prime Minister Ehud Olmert announced the end of Israeli
operations, he said that Israel had accomplished all of its
goals--that Hamas and its armed wing of 15,000 fighters had been hit
hard, and that Israel had perhaps achieved even more than it had
expected. But there are also Israeli observers who are skeptical about
this. So what do you think of the political and military consequences,
both for Israel and for Hamas?

===> Quand le Premier ministre israélien Ehud Olmert a annoncé la fin
d'opérations israéliennes, il a dit qu'Israël avait accompli tous ses
buts - que Hamas et son aile armée de 15,000 combattants armés avaient
été frappés durement et qu'Israël avait même peut-être réalisé
davantage qu'il avait attendu. Mais il y a aussi les observateurs
israéliens qui en restent sceptiques. Ainsi, que pensez-vous des
conséquences politiques et militaires, tant pour Israël que pour Hamas ?

H.E.:
The problem I have with this kind of question when it comes from the
mainstream media is that the war has been misrepresented as a war
between Israel and Hamas. But I know that you don't ask the question
in this way.
This has been a criminal war, a genocidal war, committed by the state
of Israel against the Palestinian civilians of Gaza. We need to
understand that Israel is a colonial-settler state--an apartheid
state, based on deep-rooted racism and a fundamentalist interpretation
of Judaism.
Israel is defined as a Jewish-only state, and therefore, there
shouldn't be anyone who is not Jewish on this land, according to this
logic. So the war on Gaza is a continuation of the genocidal war that
Israel has waged since 1948.
In 1948, Israel kicked more than two-thirds of the Palestinian people
out of their homes, and there was no Hamas. There were no Qassem
rockets launched against the Jewish settlements in Palestine before
1948. In 1967, Israel occupied Gaza, the West Bank, the Golan Heights
and the Sinai Desert, and killed thousands of Palestinians without
Hamas launching rockets against Israel.
Now, Israel is arresting and killing Palestinians in the West Bank,
although we know that there are no rockets launched from the West Bank
against Israeli settlements inside the West Bank--though according to
international law, we as occupied people have the right to resist
Israeli occupation.

===> Le problème que j'ai avec cette sorte de question quand elle
vient des médias dans la ligne du courant dominant est que la guerre a
été désinformée comme une guerre entre Israël et le Hamas. Mais je
sais que vous ne posez pas la question de cette façon.
Cela a été une guerre criminelle, une guerre génocidaire, commise par
l'État d'Israël contre les civils palestiniens de la Bande de Gaza.
Nous devons comprendre qu'Israël est un État colonial -- de colon -- un
État de l'apartheid, basé sur une interprétation fondamentaliste du
Judaïsme et un racisme enraciné.
Israël se définit comme un État seulement juif et donc, selon cette
logique, il ne devrait y avoir sur cette terre personne qui ne soit
pas juif. Donc la guerre de la Bande de Gaza est une suite de la
guerre génocidaire qu'Israël fait depuis 1948.
En 1948, Israël a mis à la porte de leurs maisons plus que les
deux-tiers des Palestiniens, pourtant le Hamas n'existait pas.
En 1967, Israël a occupé la Bande de Gaza, la Cisjordanie, le Plateau
du Golan et le Désert du Sinaï, et sans roquettes du Hamas
Israël a tué des milliers de Palestiniens. Maintenant, Israël arrête
et tue des Palestiniens en Cisjordanie, bien que nous sachions qu'il
n'y a aucune roquette lancée de la Cisjordanie contre les
installations israéliennes à l'intérieur de la Cisjordanie -- quoique
selon la loi internationale, comme peuple occupé nous ayons le droit
de résister à l'occupation israélienne.

I think to judge the outcome, you need to look at the objectives of
the war and what Israel has achieved so far. At the beginning, Israel
made very clear its objectives: 1) to destroy the infrastructure of
the "terrorist organization," 2) to put an end to the launching of
rockets from the Gaza Strip into Israel proper, and 3) to create a new
security situation in the Gaza Strip.
Which of these objectives has been achieved? None.
One, Hamas is still functioning. It is still in control of the
security situation in the Gaza Strip. Today, they issued a very
powerful press release in the Jabaliya refugee camp, which was the
first refugee camp to be attacked during this war.
Two, after Israel unilaterally declared a cease-fire, the Palestinian
resistance movement--not Hamas--shot seven rockets against Sderot and
other Israeli cities to say, "We are still here."
Three, the new security situation that Israel was talking about was to
weaken the Islamic resistance movement of Hamas in order to pave the
way for the return of the pro-Oslo forces. But that has not happened.
So in other words, none of the three objectives declared at the
beginning of the war have been achieved, and therefore Israel has lost
the war.
If killing 438 children, if killing more than 120 women, if
demolishing more than 40,000 houses, religious and government
buildings and so forth--if that is how winning is defined, then Israel
has won the war.

===> Je pense que pour juger le résultat, vous devez regarder les
objectifs de la guerre et ce qu'Israël a réalisé jusqu'ici. Au
commencement, Israël a rendus très clairs ses objectifs : 1) pour
détruire l'infrastructure "de l'organisation terroriste," 2) pour
mettre fin au lancement des roquettes depuis la Bande de Gaza en
Israël-même et 3) pour créer une nouvelle situation de sécurité dans
la Bande de Gaza.
Lequel de ces objectifs a été réalisé ? Aucun.
Un: le Hamas fonctionne toujours. C'est toujours lui qui contrôle la
situation de la sécurité dans la Bande de Gaza. Aujourd'hui, il a
publié un communiqué de presse en toute puissance dans le camp de
réfugiés Jabaliya, qui fut le premier camp de réfugiés à être attaqué
pendant cette guerre.
Deux, après qu'Israël ait unilatéralement déclaré un cessez-le-feu,
le mouvement de résistance palestinien - pas le Hamas - a tiré sept
roquettes contre Sderot et d'autres villes israéliennes pour dire,
"Nous sommes toujours ici."
Trois, la nouvelle situation dela sécurité dont Israël parlait devait
affaiblir le mouvement de résistance Islamique du Hamas pour frayer la
voie au retour des forces pro-Oslo. Mais ce n'est pas arrivé.
Autrement dit, si aucun des trois objectifs déclarés au début de la
guerre n'a été réalisé c'est donc qu'Israël a perdu la guerre.
En tuant 438 enfants, en tuant plus de 120 femmes, en démolissant plus
de 40,000 maisons, des bâtiments gouvernementaux, religieux et ainsi
de suite - si c'est cela qui définit la victoire, alors Israël a gagné
la guerre.

According to a press conference by the al-Qassam Brigades, the armed
wing of Hamas, Hamas lost 48 fighters. Al-Quds Brigades, the armed
wing of Islamic Jihad, lost 37 fighters. The National Brigades, the
armed wing of the Democratic Front for the Liberation of Palestine,
lost 12, I think. I don't know how many the Popular Front for the
Liberation of Palestine lost.
That's a tiny proportion of the number of people Israel killed during
the war. So my conclusion is that Israel, with the fourth-strongest
army in the world, with 120 nuclear warheads, F-16s, Apache
helicopters and Merkava tanks, up against starving people, against
stones and crude homemade rockets--still, Israel was not able to
reoccupy the Gaza Strip.
They were able to move around in empty areas--in the Netzarim
settlements and north of Gaza, but they were not able to enter the
Jabaliya refugee camp, Gaza City or the Rafah crossing.
And I have more bad news for them. They said they attacked the
Palestinian-Egyptian border in order to destroy the tunnels. And I can
tell you that today, we started getting things through the tunnels.
That means that they have achieved nothing--except terrorizing the
people of Gaza and creating a situation where there is only fear and,
unfortunately, hatred. That does not lead us to peace with justice.
That is what we are fighting for. We want true peace with justice,
comprehensive peace with justice. Israel, unfortunately, has delayed
that for us.

===> Selon la conférence de Presse des Brigades Al-Qassam, l'aile
armée du Hamas, le Hamas a perdu 48 combattants. Les brigades Al-Quds,
l'aile armée de Jihad Islamique, ont perdu 37 combattants. Les Équipes
nationales, l'aile armée du Front Démocratique pour la Libération de
la Palestine (FDPLP) en a perdu 12, je pense. Je ne sais pas combien
en a perdu le Front Populaire pour la Libération de la Palestine
(FPLP).
Ce qui est une proportion minuscule du nombre de la population
qu'israël a tuée pendant la guerre. Aussi ma conclusion est qu'Israël,
avec la quatrième armée la plus forte du monde, avec 120 F-16 à têtes
nucléaires, des hélicoptères Apache et des chars Merkava, elevés
contre des affamés, contre des pierres et des roquettes à l'état brut
faites à la maison - qu'Israël, alors, n'était pas capable de
réoccuper la Bande de Gaza.
Ils furent capables de se déplacer autour de secteurs vides - dans les
colonies de Netzarim et au nord de la Bande de Gaza, mais ils ne
furent pas capables d'entrer dans le camp de réfugiés de Jabaliya, ni
dans la Ville de Gaza, ni au carrefour de Rafah.
Et j'ai des nouvelles plus mauvaises pour eux. Ils ont dit qu'ils
avaient attaqué la frontière palestinienne-égyptienne pour détruire
les tunnels. Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, nous avons commencé
à obtenir des choses par les tunnels.
Cela signifie qu'ils n'ont rien réalisé - sauf terroriser les gens de
la Bande de Gaza, et créer une situation où il n'y a que la peur et,
malheureusement, la haine. Cela ne nous mène pas à la paix avec la
justice. Ce pour quoi nous nous battons. Nous voulons la vraie paix
avec la justice, la paix complète avec la justice. Israël,
malheureusement, l'a différé pour nous.

E.R.:
On the eve of the cease-fire, there was a meeting in Sharm el Sheik in
Egypt, between Israel, the European Union countries, UN Secretary
General Ban Ki Moon and Egypt. I was struck by the announcement that
the chief point of agreement was to collaborate in order to insure
that Hamas was unable to re-arm during the "peace." They didn't utter
a word about Israel's atrocities, or discuss how to stop Israel from
using U.S. weaponry to carry out another massacre.

===> À la veille du cessez-le-feu, il y avait une rencontre à Sharm el
Scheik en Egypte, entre Israël, les pays de l'Union Européenne, le
Secrétaire général de L'ONU Ban Ki Moon, et l'Egypte. J'ai été frappé
par l'annonce dont le point central de l'accord était de collaborer
pour assurer que le Hamas fut incapable de se réarmer pendant "la paix".
Ils n'ont pas prononcé un mot sur les atrocités d'Israël, ni discuté
sur comment arrêter Israël d'utiliser des armes américaines pour
effectuer un autre massacre.

H.E.:
Absolutely why allow Israel to be armed to the teeth? This is the
policy of blaming the victim. And within Arab countries, official
politics is nothing more than a cocktail of the politics of cowardice
and hypocrisy when it comes to the Palestinian situation. That also
applies, unfortunately, to European politics, when it comes to the
question of Palestine.
We Palestinians are paying a heavy price for a guilt-complex that
Europe has been suffering from--as a result of the terrible holocaust
in which more than 6 million Jews were killed. But we did not kill
these Jews--it was Europe. Anti-Semitism is a European phenomenon.
So today, instead of supporting the victim, Europe supports the
victimizer, the oppressor. The EU has decided to upgrade its ties with
Israel. It is rewarding the oppressor and punishing the oppressed.
So again, I ask you, is there really any hope of a new direction from
Western governments? I don't think so. And that is why our only hope
is among civil society organizations and political parties such as
yours--people on the left, people who understand the conflict, people
who know who the victimizer is and who the victim is.

===> Absolument, pourquoi permettent-ils à Israël d'être armé
jusqu'aux dents ? Leur politique c'est blâmer la victime. Et dans les
Pays arabes, la politique officielle quand elle en vient à la
situation palestinienne n'est rien plus qu'un cocktail de la politique
de la lâcheté et de l'hypocrisie. Cela s'applique aussi,
malheureusement, à la politique européenne quand elle en vient à la
question de la Palestine.
Nous les Palestiniens nous payons un prix lourd pour le complexe de
culpabilité dont l'Europe a souffert depuis -- suite à l'holocauste
épouvantable dans lequel plus de 6 millions de Juifs furent tués. Mais
nous n'avons pas tué ces Juifs -- c'était l'Europe. L'antisémitisme est
un phénomène européen.
Si aujourd'hui, au lieu de soutenir la victime, l'Europe soutient le
"victimiseur", l'oppresseur, c'est de la même façon que L'UE a décidé de réhausser ses liens avec Israël. Punir l'opprimé c'est récompenser
l'oppresseur.
De nouveau, si vous me demandez y-t-il a vraiment un espoir pour une
nouvelle direction des gouvernements Occidentaux ? je ne le crois pas.
Et c'est pourquoi notre seul espoir est parmi les organisations de la
société civile et les partis politiques comme le vôtre -- le peuple de
gauche, le peuple qui comprend le conflit, le peuple qui sait
reconnaître qui est le "victimiseur" et qui est la victime.

-------------

What else to read

===> Davantage à lire :

Haidar Eid has written an article titled "Sharpeville 1960, Gaza 2009"
that recounts his experiences during Israel's war and adds his voice
to call for an international movement to boycott, divest and sanction
Israel, modeled on the anti-apartheid movement.

===> Haidar Eid a écrit un article intitulé "Sharpeville 1960, la
Bande de Gaza 2009
" (Electronic Intifada) qui recense ses expériences pendant la guerre
d'Israël et ajoute sa voix pour appeler à un mouvement international
de boycott, modelé sur le mouvement de l'anti-apartheid, pour priver
et sanctionner Israël.

The One Democratic State Group has issued "A Call from Gaza" that asks
activists and organizations to demand that their governments sever
ties with Israel, and calls for Israel's war criminals be brought to
justice. The same day this call was issued, Israel bombed the
headquarters of the University Teachers Association, one of the
prominent signatories of the call.

===> " Le Groupe pour un État démocratique" a sorti "un Appel pour la
Bande de Gaza
" qui demande aux activistes et aux organisations
d'exiger que leurs gouvernements coupent les liens avec Israël, et
appellent pour que les criminels de guerre d'Israël soient cités en
justice. Le même jour où cet appel a été publié, Israël a bombardé le
siège social de l'Association des Enseignants Universitaires,
organisation en vue signataire de l'appel.

http://www.odsg.org/co/

(version diffusée sur les listes francophones et anglophones :
nettime-fr, radical-europe, precog, spectre, iDC, nettime-fr-raw new morning)