Abstracts:
Les nouvelles formes de guerre — soit dans leurs articulations concrètes, soit dans la représentation par la doctrine (sorte de théologie) des stratéges nord-américaines, en particulier après la conception stratégique de l'RMA (Revolution in Military Affairs) des années '90 — offrent une conception légère et portable du conflit: la « soft-war » (sauf pour ses victimes) avec ses logiciels, ses systèmes d'observation, d'investigation de téléprésence, d'armes (même nucléaires) personalisées et miniaturisables.
En quoi consiste la fragilité, précarité du système ? Dans sa diffusion : auprès des relations internationales, dans la forme même de la bataille (ou non bataille, dans le sens de Poirier), dans sa généralisation.
En sortant du paradigme dissuasif de la guerre froide s'est produit le concept de risque, mais ce concept a genéré sa réciproque et en même temps son pôle positif : du risque à la tentative de sa maîtrise. Le risque est donc devenu moléculaire et répandu, en produisant des figures comme « l'ennemi quelconque » (après figuré dans l'apparition de Bin Laden), l'adversaire sub-étatique (l'adversaire-réseau comme Al Quaeda).
Il faudrait essayer de définir du point de vue sémiotique des traits caractérisants ce nouveau scénario. La fragilité n'est pas seulement produite, évidemment, par le système politico-militaire même, n'est pas seulement sa limite: elle en devient sa condition constitutive. |
The new kinds of war - either in their concrete articulations, or in their representation by the doctrines (kind of theology) of the north-americans strategists, particularly after the strategic conception of the RMA (Revolution in Military Affairs) in the Nineties– offer a light concept of the conflict: the "soft-war" (except for its victims) with its software, its systems of observation, investigation of telepresence, weapons (even nuclear) personalized and made for miniaturization. Where does fragility, precariousness of the system lies? In its diffusion: within the international relations, in the form of the battle (or non-battle, in the idea of Poirier), in its generalization. While leaving the dissuasive paradigm of the cold war the concept of risk occurred, but this concept generated its reciprocity and at the same time its positive pole: from risk to the attempt of its maitrise. The risk thus became molecular and wide, by producing figures like "unspecified enemies" (e.g. the appearance of Bin Laden), the sub-official adversary (the network-adversary like Al Qaida). It is necessary to try to define the caracterizing features of this new scenario, from a semiotical point of view. Fragility is not only produced,obviously, by the politics-army system, it is even not its limit: it becomes its constitutive condition. |