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Cesare Battisti : prolongation de l’attente...

Intervenant: FREEDOM JOURNAL DES LIBERTÉS

mardi 2 février 2010 [15:11:57] -> vendredi 2 avril 2010 [15:11:57]

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Message manuscrit de Cesare Battisti le 19 novembre 2009 à l'adresse du Président Lula publié dans la Presse brésilienne après l'attendu du jugement de la Cour Suprême (source Liste Soutien)




Aux dernières nouvelles de bonne source, concernant Cesare Battisti, la publication de la réponse du Président Lula annoncée pour le mois de février 2010, dans le respect des délais légaux des différentes procédures, est remise pour d'autres raisons au mois de mars 2010...

Donc, voici la recension, plus que jamais actuelle, des dernières publications de La revue des ressources au sujet de Cesare Battisti, qui comprennent : la pétition des écrivains brésiliens, l'entretien entre Olivier Favier et Fred Vargas, et l'article sur les 'années de plomb' d'Aliette G. Certhoux.



Relance de l'appel à signatures :

LA PETITION
* S'il vous plait, merci de la relayer encore...

Explication :
Mensonges en-deçà des Alpes, et mensonges au-delà : Entretien d’Olivier Favier avec Fred Vargas sur « l’affaire Battisti »

Contexte :
Années de plomb, Parole donnée, Doctrine Mitterrand : 25 ans après...





Miroir dans la revue www.criticalsecret.com de l'article source http://www.larevuedesressources.org/spip.php?breve827



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Source : La revue des ressources (FR)

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Appel commun pour la suppression du "ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire"

Intervenant: staff

vendredi 8 janvier 2010 [18:47:47] -> lundi 8 février 2010 [18:47:47]

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La brève de l'information dans La revue des ressources


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Nous exigeons la suppression du ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration:


Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d'un ministère chargé de l'Immigration et de "l'Identité nationale" a introduit dans notre pays un risque d'enfermement identitaire et d'exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l'étranger - et par ricochet, quiconque a l'air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d'Afrique, et leurs descendants, sont séparés d'un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

Qu'a fait naître ce ministère ? De nouveaux objectifs d'expulsion d'étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l'enfermement d'enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l'expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d'asile, la multiplication des contrôles d'identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d'égalité...

Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des "dérapages" individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d'une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d'un "débat" sur l'identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.

La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : "Pourquoi la question de l'identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?" La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d'un pouvoir identitaire puisse planer, en s'autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

C'est pourquoi il est temps aujourd'hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l'idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce "Ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration", car il met en danger la démocratie.

Premiers signataires : Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X), Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière), Serge Slama (juriste, université d'Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d'architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS) et Patrick Weil (historien, CNRS)

(...)


Signer l'appel !

http://www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org/



Un film de Thomas Lacoste (éditeur du Passant Ordinaire -- le site est actuellement victime d'un préjudice -- et documentariste) avec la participation des signataires représentatifs de la pétition est en cours de production. On peut souscrire :
http://www.labandepassante.org/souscription-ministere-haine.php


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FREE CESARE BATTISTI LAST CALLING / LIBERATION DE CESARE BATTISTI DERNIER APPEL!

Intervenant: le rédacteur

mardi 8 décembre 2009 [02:45:32] -> mercredi 30 décembre 2009 [02:45:32]

200px Fred_Vargas

English translation of this page (from Google translate) [ The portrait of Fred Vargas is CC © Marcello Casal/ABr (Agência Brasil) from Fred Vargas'eponymous article in wikipedia.fr ]


FRED VARGAS APPELLE D'URGENCE A SIGNER LA PETITION BRESILIENNE ADRESSEE AU PRESIDENT LULA POUR CESARE BATTISTI !

S'IL VOUS PLAIT, SIGNEZ ET / OU TRANSMETTEZ ! LE PRÉSIDENT LULA SUBIT DES PRESSIONS TERRIBLES DE L'INTERIEUR ET DE L'EXTERIEUR : NOUS DEVONS TEMOIGNER DE NOTRE SOUTIEN PERSISTANT POUR BATTISTI DEPUIS LA FRANCE ET L'EUROPE.

La situation italienne à l'oeuvre d'ingérence dans tous les pays concernés par des réfugiés (dont la France il y a quelques années) est celle-ci : condamner face au doute, en déclarant sans preuves qu'il n'y a pas de doute, mais les témoignages ne sont pas des preuves et il n'y a plus de pièces à conviction (et même les anciens témoins ont disparu).

Cesare Battisti nie avoir commis des meurtres qu'on lui a mis sur le dos quand il était en fugue, mais il n'y aura jamais de procès équitable pour se reprendre justement de cette affaire, car ce ne sont plus que des cadavres exquis.

Le condamner et l'extrader ce n'est pas exprimer la justice mais l'arbitraire post-démocratique électoraliste.

Sauver Cesare Battisti, l'insoumis qui n'est pas un assassin, c'est perpétuer le sens "juste" de la justice en démocratie face à l'infamie d'une accusation, un formidable coup d'énergie et d'espoir à tous pour l'avenir de l'Europe et de l'Amérique du Sud au-delà de la personne de Battisti, dont le calvaire est une persécution. Il n'est qu'un bouc émissaire en pâture. S'il rentre en Italie son incarcération sera un martyre et il sera la proie d'une vengeance passionnelle sans objet. Un jour on le découvrira suicidé mais il aura été assassiné dans sa cellule par des forces réactionnaires extrêmes du lynchage.

Il y a encore une situation interne du Brésil dangereuse pour la démocratie restaurée, qui menace de laisser divisés les pouvoirs exécutif judiciaire et législatif ordinairement séparés à juste titre, si l'extradition avait lieu. Car le président du tribunal suprême, personnalité de la coalition d'extrême droite qui précéda la présidence de Lula, a voté et emporté la majorité pour abolir le statut de réfugié politique déclaré par le ministre de la justice, décision qui avait été d'abord acceptée par Lula avant la décision majoritaire finale du tribunal suprême.

Il y a enfin un enjeu international à ce qu'une démocratie véritable et intégrée, qui demeure le seul lieu non voyou du monde à avoir prévu légalement la possibilité du refuge politique pour les insoumis des pouvoirs en place, poursuive d'exister. Sinon ce serait la fin de la question relative de la justice et du témoignage, sans laquelle l'erreur judiciaire et le déni du droit de libre opinion deviendraient monnaie admise : la justice au nom des droits de l'homme serait forclose.

Louise Desrenards



(Le texte d'appel brésilien a été écrit par le Pr Carlos Lungarzo (membre d'Amnesty International, qui publie au Brésil un livre sur le cas de Cesare) et le journaliste Celso Lungaretti (information donnée dans Rue89, Cabinet de lecture du 7/12/09, Une pétition pour Battisti lancée au Brésil)

TEXTE DE LA PÉTITION (traduite en français pas Fred Vargas) :


Au Président du Brésil, Son Excellence Luiz Inácio Lula da Silva

Les soussignés viennent, très respectueusement, présenter à Votre Excellence toute la force et l'aide pour que votre gouvernement REJETTE les pressions intenses et arrogantes qui tentent d'imposer l'extradition de l’écrivain et du persécuté politique, Cesare Battisti. Nous demandons à Votre Excellence, qui préside le gouvernement le plus populaire de l'histoire du Brésil, que, au moment voulu, Elle ACCORDE L’ASILE POLITIQUE SOUS RESPONSABILITÉ PRÉSIDENTIELLE à Battisti, en lui garantissant, ensuite, une formule migratrice permanente, pour qu’il puisse faire venir sa famille dans ce pays et travailler dans la paix. Comme Votre Excellence le sait, Cesare Battisti a été condamné à la prison à perpétuité sans lumière solaire (une punition qui n’existe plus maintenant dans aucun pays civilisé !) pour quatre crimes POUR LESQUELS IL N'EXISTE PAS UNE SEULE PREUVE NI UN SEULTÉMOIN OCULAIRE, toute la procédure ayant été forgée à partir de DÉLATIONS PREMIÈRES [note =équivalent brésilien de « témoignages des repentis »]. Outre que les instigateurs italiens ont, ridiculement, attribué à Battisti deux homicides s’étant produits dans un intervalle de temps insuffisant pour couvrir la distance entre les deux villes, de sorte que l'accusation a dû être réécrite quand cette impossibilité matérielle fut démontrée, son principal délateur en arriva à être réprimandé par le magistrat d'une autre procédure en contumace dans laquelle il énonçait de fausses accusations.

Votre décision, M. le Président, sera aussi une attitude de PROTECTION de l'INSTITUTION du REFUGE/ASILE, sérieusement menacée par l'invasion du STF [note : Tribunal Suprême Fédéral] dans le secteur de l'Exécutif. Ce sera aussi une démonstration d'affection envers notre peuple, humilié, insulté et injurié de manière obscène par les autorités italiennes, avec l'aide des élites brésiliennes colonisées et servantes (spécialement les médias). Battisti a écrit 17 livres, a fondé deux revues virtuelles, a organisé de nombreux congrès culturels et la 1ª Bisannuelle d'Arts Graphiques du Mexique. Il sera aussi utile pour notre culture que le fut, quand il s'est réfugié au Mexique, l’auteur Gabriel Garcia Márquez (signataire, d’ailleurs, d'un message d'aide à Battisti). Le salut de Battisti sera le couronnement de HUIT ans de lutte pour la conservation de la dignité, de l'indépendance et de la générosité de notre peuple. Respectueusement,

les Soussignés (...)


////////////////////////////////


Pour signer la pétition brésilienne adressée au Président Lula pour la non-extradition de Cesare Battisti et son maintien au Brésil, voici la marche à suivre :


- Aller sur le site :

http://www.petitiononline.com/btstlng/petition.html

- cliquez sur “Read the Asilo Presidencial para Battisti Petition”

- le texte de la pétition apparaît en portugais (voir ci-dessus le texte en français)

- encodez votre nom (en ajoutant dans le champ du nom votre condition ou métier + votre ville + votre pays -- FR ou Etranger -- si vous voulez)

- adresse mail

- avec un commentaire si vous le souhaitez

- cliquez sur “Preview your signature”

- puis cliquer sur “Approve votre signature”


/////////////////

L'appel explicatif de Fred Vargas :

Nos amis Brésiliens viennent de mettre en place une pétition adressée au président Lula, lui demandant d’accorder à Cesare Battisti l’asile présidentiel. En effet, l’extradition de Battisti vers l’Italie dépend seulement à présent de la décision du président Lula, qui l’annoncera vers février 1010.
Vous savez que Cesare Battisti fut condamné, en son absence, à la prison à perpétuité en 1988, pour deux crimes directs et deux complicités de crimes commis en 1978 et 1979, il y a trente ans, durant les années de plomb italiennes. Vous savez que Battisti fut jugé en Italie lors d’un premier procès, entaché de nombreuses tortures avérées, qui ne le condamna pour aucun des quatre crimes commis par le groupuscule des PAC. Vous savez que Battisti a toujours nié avoir tué quiconque. Et en effet : le second procès, mené en son absence, n’apporta pas la moindre preuve matérielle contre lui, ni un seul témoignage oculaire. Battisti fut condamné exclusivement sur la “parole” des membres du groupe accusés, qui avaient choisi le statut de “repentis”, c’est-à-dire qui gagnaient de considérables remises de peine en échange de leurs accusations. Ce fut essentiellement le chef du groupe, Pietro Mutti, qui chargea Cesare Battisti de ses propres crimes et de ceux de ses camarades. Il ne fit que huit années de prison.

Il est essentiel de rappeler, concernant le premier homicide des PAC, que Pietro Mutti fut accusé par deux enquêtes policières d’avoir tiré sur Santoro, concernant le 2e homicide, que Memeo, Fatone, Massala et Grimaldi composèrent seuls le commando contre Torregiani, concernant le 3e homicide, que Giacomin avoua avoir tiré sur Sabbadin, et concernant le 4e homicide, que l’arme qui tua Campagna appartenait à Memeo, et que l’agresseur mesurait vingt centimètres de plus que Battisti.

Tout au long de ce procès italien, on prit soin de représenter Battisti en fabriquant trois procurations, afin de rendre la sentence irréversible. Une expertise attesta en 2005 la falsification de ces procurations, visible à l’œil nu. Cet usage de faux démontre à lui seul le piège des repentis dans lequel tomba Battisti.

Face à cet ensemble de faits et à la démesure de l’acharnement politique du gouvernement italien contre cet homme, devenu un trophée-symbole pour l’Italie, le ministre de la justice brésilien, Tarso Genro, accorda le refuge politique à Battisti en janvier 2009, ce qui devait éteindre légalement le procès d’extradition en cours. Mais, pour des raisons de luttes politiques internes, le Tribunal Suprême Fédéral du Brésil décida de passer outre et de poursuivre, et une courte majorité de ses juges (5 à 4) choisit d’ignorer tous les faits convergeant vers l’innocence de Battisti, de nier la nature politique des crimes (ce qui empêche l’extradition au Brésil), de déclarer “illégal” l’acte de refuge du ministre de la Justice, et de l’extrader. Sentence exclusivement politique, sans aucun respect pour la vérité des faits.

Nos amis Brésiliens, mobilisés pour la défense d’une véritable Justice et non pas d’une justice politique, mobilisés pour la défense d’un homme qui n’eut jamais dans sa vie l’occasion de répondre à un juge, qui servit de bouc émissaire à ses anciens camarades puis d’enjeu politique en Italie, en France et au Brésil, ont à présent besoin de notre aide. Nous pouvons la leur apporter en signant la pétition brésilienne.

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French Call for the total prohibition of the use of nonlethal weapons (Flash-Ball, lbd40, Taser) by law enforcement / Appel à l'interdiction totale des armes non-létales par les forces de l'ordre en France

Intervenant: Editor

vendredi 24 juillet 2009 [04:33:45] -> mercredi 30 septembre 2009 [04:33:45]

PETITION To widely forward / À faire suivre largement
( Version française dessous )

URL: http://4653.lapetition.be/



Call for the total prohibition of the use of nonlethal weapons (Flash-Ball, lbd40, Taser) by law enforcement


To the Attention of : THE PRESIDENT OF THE FRENCH REPUBLIC

Category : Human Rights


I would like to thank all those who have come forward in solidarity, who have passed on information and who have allowed us to speak of these acts of unacceptable violence. Two messages have reinforced my conviction that nonlethal weapons should be outlawed.

The first message comes from the father of a high school student in Nantes who lost his right eye in similar circumstances. He summed up the report that was made by the CNDS (commission nationale de déontologie de la sécurité). We find here the same scenario that was at Montreuil :

the police officer fires at point-blank range at an unarmed person who is not threatening him.

the authorities publish false statements.

“The CNDS describes the injury of the young high schooler as extremely serious, the expected consequences being particularly crippling since Mr. P. D-L. will never regain the vision in his right eye.”

“Concerning this the CNDS ’deplores’ a false statement given by the central director of public security (Paris), who denied in writing the seriousness of the injury. The CNDS describes this official inaccuracy, published even after knowledge about two medical certificates was ’manifestly’ known, as ’carelessly rash’ and ’a blatant lack of follow-up’” (unless the omission is willful ?)

The CNDS had a hearing with a police officer wearing a ski mask and armed with a defensive firearm 40x46 (LBD, the newest “Flash-Ball” model), presumably the one who fired the shot, who reaffirmed that he, by order of his superiors, aimed at a protestor who was throwing ’rocks’ in the direction of law enforcement, but that he would have ’not recognized’ the young student wounded in the eye, who he had been facing. In addition, the family believes after inspection that the site of the rectorate did not contain any rocks or paving stones for throwing, only sand or gravel.”

“These findings lead the Commission to question whether the usage of these kinds of weapons is appropriate in the context of a street protest which involves a closeness and larger mobility between the protestors and the police.”

It is always shocking to see brutal acts transposed into the language of administrative management : response assessment, lack of proportionality, self-defense in the use of force, and the lack of needing to respond, pursue disciplinary action, or scarcely even assign blame to the police officer.

What can one say—he who for thirty-four years had the chance to watch himself grow old in the blue eyes of his son—to the butcher who is going to surround his barbarous act in the flowery language of government administration ?

In moments like these, the question of the government police pops up again. In the entries on our family tree we have crossed this kind of cop many times : the boss police who shattered the leg of our first one before the war, the GMR (Groupe mobile de réserve) who arrested our second one in the underbrush and handed him over to the Germans, the CRS in ’68 who swiped our third one in the wheat fields of Flins, and today the police officers (dressed up like Robocop) who fired into the face of our most recent one in the market square at Montreuil. By whatever name, these police are but different versions of a militia of power. The police officers have acted directly on prefectorial command. The question remains : should we equip such a militia with gear designed to terrorize those who would have inclinations to protest ?

The second message comments on the aggression in the marketplace by law enforcement. Montreuil is a small town. Surveys of people living there were conducted through the coordination of freelance artists. The person in charge of deciphering it all sent me an email in which he concludes :

It’s excruciating, I’m in the process of transcribing but there is an hour and a half of recordings. In bringing together the testimonies we are coming to the conclusion that Joachim was in the process of moving away (this conforms with the testimony of two individuals, one of whom a neighbor). But on the other hand everyone says that Joachim fell with his head toward the rue de Paris and his feet toward the boulevard de Chanzy, in the opposite direction from the cops, thus he had his back to the cops. A plain-clothes cop, standing very still, already had him in his sights (according to two witnesses, including one neighbor, the cop held a firing position for four seconds), which means that the cop waited for Joachim to turn his head toward him and fired at that very moment.

If only the police officer had not hesitated to fire, provoking this disfiguration...but on the other hand the realness of the mutilation is constantly put in doubt.

Doubt raised about the realness of the injury—even while the internist at the central hospital had clearly indicated on the first night, July 8, that the eye was completely lost. Doubt taken up again under different forms in certain papers. Doubt relayed by your own friends who ask you (surely out of kindness) if there really isn’t even a small chance to save the eye. This doubt quickly becomes unbearable because the medical diagnosis held no doubt, because the force of the impact left no chance.

We must leave no chance for nonlethal weapons.

Along with the signatories, I would simply like to ask for the total prohibition of the use of nonlethal weapons (Flash-Ball, lbd40, Taser) by law enforcement.

Stéphane Gatti
Thanks Alexander R. Galloway



Interdiction totale l'utilisation  des armes non-létales  (flashball, LBD40, tazer) par les forces de l'ordre


Pour l'interdiction totale des armes non-létales par les forces de l'ordre

À l'attention de / Ter attentie van :
MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

Catégorie : Droits de l'homme


Je veux remercier tous ceux qui ont marqué leur solidarité, relayé l'information et permis qu'on parle de ces actes d'une violence inadmissible.
Deux messages m'ont conforté dans la conviction qu'il fallait interdire les armes non-létales.

Le premier message vient du père d'un lycéen nantais qui a perdu son oeil droit dans des circonstances analogues. Il a résumé le rapport du CNDS (commission nationale de déontologie de la sécurité). On y trouve le même scénario qu'à Montreuil:

-le policier tire à bout portant sur une personne désarmée qui ne le menace pas.

-les autorités publient des déclarations mensongères.

"La CNDS qualifie la blessure du jeune lycéen d'une"extrême gravité (...) dont les séquelles prévisibles sont particulièrement invalidantes puisque M. P.D-L ne récupérera jamais sa vision de l'oeil droit ".

"La CNDS " déplore " à ce propos une contre-vérité de monsieur le Directeur central de la Sécurité publique (à Paris), qui a nié par écrit la gravité de la blessure. La CNDS qualifie cette inexactitude officielle, publiée pourtant après la connaissance de deux certificats médicaux " notoirement " connus, d' " imprudente précipitation " et de " manque de suivi patent " (à moins qu'il ne s'agisse plutôt d'une erreur volontaire ?).

La CNDS a auditionné un fonctionnaire de police cagoulé et armé d'un lanceur de défense 40x46 (LBD, flashball de nouvelle génération), auteur présumé du tir, qui a réaffirmé avoir visé un manifestant lanceur de "pierres" en direction des forces de l'ordre sur demande de sa hiérarchie mais il ne l'aurait " pas reconnu " dans la personne du jeune lycéen blessé à l'oeil, à qui il a été confronté. Par ailleurs la famille estime après examen que le site du rectorat ne comportait pas de pierres ou de pavés à jeter, mais seulement du sable ou des graviers".

" Ces constatations conduisent la Commission à s'interroger sur ta compatibilité de l'usage d'une telle arme dans le cadre d'une manifestation qui implique une proximité des manifestants et de la police et leur grande mobilité."

C'est toujours un choc de voir les actes brutaux trouver leur place dans le langage de la gestion administrative : évaluation de la riposte, défaut de proportionnalité, légitime défense dans l'usage de la force, absence de nécessité de la riposte, poursuites disciplinaires et peut-être même, blâme pour le policier.

Que peut dire celui qui depuis trente quatre ans a eu la chance de se voir vieillir dans le regard bleu de son fils au boucher qui va entourer son acte barbare du langage fleuri de l'administration républicaine?

Dans ces moments là, la question de la police républicaine sort du chapeau. Dans notre généalogie familiale nous avons plusieurs fois croisé cette police : la police du patron qui fracassa la jambe du premier avant guerre, les GMR (Groupe mobile de réserve) qui arrêtèrent le second dans le maquis pour le livrer aux allemands, les CRS en 68 qui raflèrent le troisième dans les champs de blé de Flins, aujourd'hui les policiers (habillés en robocop) qui ont tiré au visage du dernier sur la place du marché de Montreuil. Quel que soit leur nom, ces polices ne sont que les versions différentes d'une milice du pouvoir. Ces policiers ont agi directement sur ordre préfectoral. La question reste : doit-on doter une telle milice d'un matériel conçu pour terroriser ceux qui auraient des vélléïtés de protestations ?

Le deuxième message commente l'agression du marché par les forces de l'ordre. Montreuil est une petite ville. Des enquêtes auprès des habitants ont été menées par la coordination des intermittents du spectacle. Celui qui était en charge du décryptage a envoyé un mail où il conclut:

C'est accablant, je suis en train de retranscrire mais il y en a pour une heure et demie d'enregistrement, En rapprochant les témoignages on en arrive à la conclusion que Joachim était en train de s'éloigner (témoignage concordant de 2 personnes dont une voisine), d'autre part tout le monde dit que Joachim est tombé avec la tête vers la rue de Paris, les pieds vers le bd de Chanzy, à l'opposé des flics, donc il était de dos par rapport au flic. Un flic en civil très calme le visait déjà (flic en position de tir tenue pendant 4 secondes selon deux témoins, un des témoins est un voisin), ce qui veut dire que le flic a attendu que Joachim tourne sa tête vers lui pour tirer à ce moment là.

Si le policier n'a pas hésité à tirer provoquant cette défiguration, en revanche la réalité de la mutilation est sans cesse mise en doute.

Doute jeté sur la réalité de la blessure alors que dès le premier soir, le 8 juillet l'interne de l'hôtel Dieu avait clairement indiqué qu'il s'agissait de la perte définitive d'un oeil. Doute repris sous différentes formes dans certains journaux. Doute relayé par vos propres amis qui vous demandent s'il n'y a vraiment pas une petite chance ( probablement par gentillesse) de sauver l'oeil. Ce doute devient vite insupportable parce que le diagnostic médical ne supportait aucun doute, parce que la violence du choc ne laissait aucune chance.

Il ne faut laisser aucune chance aux armes non-létales.

Avec les signataires, je voudrais juste vous demander l'interdiction totale d'utilisation des armes non-létales (flashball, ldb40, tazer) par les forces de l'ordre.

Stéphane Gatti


Post Scriptum :

La Ligue des Droits de L'Homme France a signé et informe en ligne l'appel unitaire du CLEJ (Collectif Liberté, Égalité, Justice) du 21 juillet "Face aux dérives policières, mobilisons-nous !" qui regroupe trois partis politiques parlementaires, le Syndicat de la Magistrature et de nombreux syndicats, dont affiliés aux principales Centrales, et d'autres organisations représentatives, où elle mentionne le lien de notre pétition : http://www.ldh-france.org/Face-aux-derives-policieres



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VIOLENCES POLICIÈRES À MONTREUIL (Suites solidaires)

Intervenant: La rédaction

mardi 14 juillet 2009 [23:50:22] -> lundi 20 juillet 2009 [23:50:22]

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VIOLENCES POLICIÈRES À MONTREUIL (Suites solidaires)

Le 15 juillet 2009

Signer la pétition pour l'interdiction totale de l'utilisation des armes non -létales par les forces de police

Ndlr — Suites contre les violences policières à Montreuil-sous-bois : voici les deux prochains rendez-vous informés dans le site du CIP (Coordination des Intermittents et Précaires, dont fait partie Joachim Gatti qui à ce titre soutenait le squat La clinique — et soutient l’assemblée en exil ; il ne s’agit donc pas d’une récupération par une organisation mais d’une organisation directement concernée).


Affichage le 13 juillet
Affichage et détournement du mur peint inauguraux de la manifestation de soutien de lundi dernier.

VENDREDI 17 JUILLET

Table de presse et diffusion de tracts au marché de la Croix-de-Chavaux à Montreuil.
Ndlr — Place Jacques Duclos, M° Croix de Chavaux (ligne 9)

DIMANCHE 19 JUILLET

15h : Assemblée à la Parole errante
9 rue François Debergue Montreuil
M° Croix de Chavaux (ligne 9)

http://laclinique.over-blog.net/

MAIS QUE FAIT LA POLICE
? (document word)

Voir en ligne CIP-IDF

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MILITIAMEN AS POLICEMEN IN FRANCE / POLICE MILICIENNE EN FRANCE / JOACHIM GATTI seriously injured by a POLICE FLASH BALL SHOOTING / JOACHIM GATTI GRIÈVEMENT BLESSÉ PAR UN TIR POLICIER DE FLASH BALL

Intervenant: Aliette G. Certhoux

dimanche 12 juillet 2009 [00:47:30] -> jeudi 30 juillet 2009 [00:47:30]

__________________________________________
_____________________
Signer la pétition pour l'interdiction totale de l'utilisation des armes non -létales par les forces de police
________


Je transfère le message qu’à la demande de l’auteur, un ami
très proche, j’accompagnerai d’une préface.

Voir l’article et la lettre intégrale de Stéphane Gatti publiés dans
la nouvelle rubrique "Urgence" de la revue des ressources et reproduits dessous :

http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1251

Message déjà soutenu par François Bon dans la revue Le Tiers Livre, par
Aliette G.Certhoux de criticalsecret, Vacarme, et bien d’autres...

________________________________
________________________________

Email d’information via des partenaires de création de La Parole errante.

Toutes les infos actuellement disponibles sont sur les sites suivants :

http://www.cip-idf.org/
; http://laclinique.over-blog.net/ ;
http://juralibertaire.over-blog.com/article-33698002.html ;

Les communiqués jusqu’alors diffusés ne sont pas suffisamment précis
sur les faits (des plaintes sont en cours à l’IGS) ; concrètement :

— sans sommations, ces policiers attaquent des manifestants
directement à coup de flash ball (pas d’utilisation préalable des
lacrymos, niveau plus dissuasif et moins dangereux) ;

— ils visent la tête (5 blessés tous à la partie supérieure du corps,
avec certificats médicaux), à une distance de 4 à x mètres selon les
cas, cela démontre la VOLONTÉ de blesser, il y a donc, pour le moins,
"violences volontaires avec armes", et pas maintien de l’ordre selon
les règles d’engagement qui régissent ces corps armés.

c’est ce que la police ne dira pas et que nous avons à dire pour que
la vérité toute crue soit dite et connue. Si vous avez des contacts
média qui veulent plus d’info que la version AFP-police...

Contactez La Parole Errante.

RÉUNION D'INFORMATION DIMANCHE 12 JUILLET
Place du Marché,
M°Croix de chavaux ligne 9

et sinon l’appel de la clinique :

RENDEZ-VOUS LE LUNDI 13 JUILLET
À 19H À CROIX DE CHAVAUX,
AU DÉBUT DE LA RUE PIÉTONNE PLACE JACQUES-DUCLOS
M° croix de chavaux ligne 9

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Stéphane Gatti pour Joachim Gatti, grièvement blessé au visage par un
tir policier de Flash Ball, le 8 juillet 2009, à Montreuil-sous-bois.



Voici la lettre de "La Parole Errante" signée par Stéphane Gatti, père de Joachim Gatti, qui est aussi le petit-fils aîné du dramaturge et poète Armand Gatti, avec prière de largement diffuser, contre la désinformation par l’AFP et par la Presse ("Libération" le premier, et pour ne pas nommer de journal qui n’aurait à ce jour rien publié encore, reprend de façon douteuse les informations émanant de la police, sans enquêter auprès des personnes concernées). C’est à propos de l’acte de répression démesuré pour faire évacuer le squat de La Clinique, le 8 juillet, et après la fête dans la rue piétonne le soir, que selon la première Brève de l’AFP, à la demande du préfet, Joachim a été atrocement blessé au visage, puis son identité falsifiée dans la Presse citée. Ainsi, je transfère le message de Stéphane Gatti, à sa demande. Il m’a demandé d’accompagner sa lettre par un texte de ma part. C’est ce que je fais ici.

Pour information complémentaire sur Joachim Gatti, il est aussi l’acteur qui tient le rôle de Joachim Rivière, dans le film "La Commune de Paris" de Peter Watkins, il a fait des études de philosophie à Nanterre avec Etienne Balibar, et des grands projets sur la sémiotique de la stratégie urbaine de la ville de Gênes (histoire et histoire contemporaine dont les grandes manifestations altermondialistes), l’habitat alternatif à Barcelone, etc... Il est à considérer comme un entrepreneur culturel et un journaliste de création. Et bien sûr, il a un statut et un domicile fixes et gagne sa vie. Un autre aspect de "la France qui se lève tôt" en quelque sorte...

Il va de soi qu’il faut prendre en compte tous les "cyclopes" * atteints par des tirs visés en pleine tête, depuis que la police utilise les Flash balls. Joachim Gatti est le quatrième et l’un des premiers était Pierre Douillard, lycéen à Nantes, blessé en 2007 (qui a gardé un vingtième de la vision de cet oeil). Tous victimes des balles en plastique ou autres projectiles ou coups envoyés dans la figure des manifestants, activistes et/ou autres résistants ou non conformes, dont les gars les plus défavorisés des banlieues aux premières loges. Ou simples contestataires solidaires de l’insoumission et de la liberté du mode de vie. Ces cyclopes sont les premiers signes de la défiguration générale (amputation des corps ainsi infirmés, égale aux distorsions de tout le code social, fragmenté puis évidé de ses pactes symboliques), entreprise par le plus grand mépris ou la plus grande inculture, notamment sous l’autorité du Président depuis qu’il fut ministre de l’intérieur, corps vivants, corps biologiques, et réformes institutionnelles, compris.

Supprimer le ministère de la Santé et le cumuler avec les Sports, en remplaçant par la Santé la charge de la Jeunesse, préalablement associée aux Sports, apparaît soudain extrêmement inquiétant ; d’une part, on sait que l’association de la santé et des sports comme représentation hygiéniste du social est de sinistre mémoire, quand on perd en chemin la médecine et le devoir d’assistance à personne en danger, et d’autre part à constater que rien ne redonne place au mot Jeunesse mais l’Éducation, ce qui ne conçoit pas de formation singulière, sinon "L’Observatoire national de la délinquance" comme avant-garde du ministère de l’intérieur, dont le dispositif n’est plus entendu comme une stratégie républicaine de la communauté citoyenne nationale, mais comme un contrôle des citoyens aux fins de maîtrise de leur potentiel électoral et de la répression, et du ministère de la justice, comme annexe légale de la répression et du pouvoir sans séparation.

Défigurer des jeunes adultes et citoyens contestataires, pour les marquer à vie, c’est un crime sinon autorisé du moins admis, depuis que la police est engagée par le pouvoir dans des voies plus proches des milices représentatives de l’autorité légale, que des polices républicaines, contre l’altérité sociale et nationale (ici je parle aussi de l’émigration). Quand le glissement idéologique du concept d’insoumission intègre celui de délinquance, une fois l’insoumission supprimée du cadre légal (1989), casser l’humain de ceux qui agissent pour sauver à l’acte les libertés restantes, paraît être devenu un objectif premier du message répressif à envoyer aux citoyens ordinaires. Sans doute sommes-nous déjà dans la structuration d’un néofascisme, gagé par une alterophobie générale des lois et des ordres exécutifs consentis.

Il faut noter que l’état dans lequel se trouve le visage du dernier de nos chers "cyclopes", anticipant la population en voie de mutation, grâce à l’accélération des actes de défiguration de l’humain par les armes intérieures de l’actuel président, qui voudrait être le seul à ressembler à quelque chose (lire d’Alain Badiou "De quoi Sarkozy est-il le nom ?"**) est certainement le plus grave de ceux que la violence policière*** ait produit jusqu’ici.

A quoi il faut ajouter que la disparition des services chirurgicaux d’urgence en dehors des heures ouvrables a conduit le patient à ne pouvoir être opéré que le lendemain matin où il est encore, à l’Hôtel Dieu, après avoir été refusé aux Quinze Vingt "faute de place", depuis l’hôpital de Montreuil.

En dépit de l’intervention remarquable de l’équipe qui le prit en main avant midi le 9 juillet, ce que personne ne conteste et même en remercie, dans ce cas d’atteinte comme dans le cas de tout autre accident, mais s’agissant particulièrement ici de l’oeil éclaté, de la fracture de l’os de la cavité oculaire, de l’arrachement de la paupière, et de la fracture du nez, dans une présentation proche des points cérébraux vitaux, autant dire, vu le traumatisme et l’hémorragie, si le rituel de la pénurie hospitalière qui s’est présentée en premier lieu, en protocole d’attente puis de soins différés au lendemain, est loin de l’urgence entendue comme devoir d’assistance à personne en danger, et pour sauver la possibilité de réparation maximale des zones atteintes en intervenant sans délai.

Les accidents sont cumulatifs quand le secteur de la santé publique est en régression administrative.

L’escalade de la folie irresponsable de ce pouvoir est claire : il faut voir et comprendre en quoi elle consiste, à travers quelles victimes, voir comment la désinformation exponentielle des faits profile socialement les blessés, et légitime une répression criminelle de fait, au nom de la légalité de l’ordre établi. Il faut se demander plus largement pourquoi et vers quoi cela nous entraîne au-delà.

La défiguration des manifestants est en train de devenir l’ordinaire, quand par ailleurs on leur interdit de se protéger la tête et le visage... voyez le sens de la cible, qui n’est pas seulement celui des fiches de police mais le nouvel usage qu’il est possible d’en faire.

Ici, il s’agit d’un jeune homme adulte et accompli, installé par une activité professionnelle, et donc à toute personne "normale" qui se déplacerait pour soutenir des squatters : salut ! Il n’y aura pas de différence à l’acte de la solidarité. Ici, on touche la seule forme de l’égalité sociale connue dans le cadre de la présidence Sarkozy, ses ministères, et ses officines.

A. G-C.


http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1251
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La lettre de Stéphane Gatti


A Montreuil, la police vise les manifestants à la tête



Le matin du mercredi 8 Juillet, la police avait vidé une clinique occupée dans le centre-ville. La clinique, en référence aux expériences venues d’Italie, avait pris la forme d’un "centro sociale" à la française : logements, projections de films, journal, défenses des sans papiers, repas… Tous ceux qui réfléchissent au vivre ensemble regardaient cette expérience avec tendresse. L’évacuation s’est faite sans violence. Les formidables moyens policiers déployés ont réglé la question en moins d’une heure. En traversant le marché le matin, j’avais remarqué leurs airs affairés et diligents.

Ceux qui s’étaient attaché à cette expérience et les résidents ont décidé pour protester contre l’expulsion d’organiser une gigantesque bouffe dans la rue piétonnière de Montreuil.

Trois immenses tables de gnocchi (au moins cinq mille) roulés dans la farine et fabriqués à la main attendaient d’être jetés dans le bouillon. Des casseroles de sauce tomate frémissaient. Ils avaient tendu des banderoles pour rebaptiser l’espace. Des images du front populaire ou des colonnes libertaires de la guerre d’Espagne se superposaient à cette fête parce que parfois les images font école. J’ai quitté cette fête à 20h en saluant Joachim.

A quelques mètres de là, c’était le dernier jour dans les locaux de la Parole errante à la Maison de l’arbre rue François Debergue, de notre exposition sur Mai 68. Depuis un an, elle accueille des pièces de théâtres, des projections de films, des réunions, La nuit sécuritaire, L’appel des Appels, des lectures, des présentations de livres… Ce jour-là, on fermait l’exposition avec une pièce d’Armand Gatti « L’homme seul » lu par Pierre Vial de la Comédie Française et compagnon de longue date. Plusieurs versions de la vie d’un militant chinois s’y confrontent : celle de la femme, des enfants, du père, du lieutenant, du général, des camarades…

C’était une lecture de trois heures. Nous étions entourés par les journaux de Mai. D’un coup, des jeunes sont arrivés dans la salle, effrayés, ils venaient se cacher... ils sont repartis. On m’a appelé. Joachim est à l’hôpital à l’hôtel Dieu. Il était effectivement là. Il n’avait pas perdu conscience. Son visage était couvert de sang qui s’écoulait lentement comme s’il était devenu poreux. Dans un coin, l’interne de service m’a dit qu’il y avait peu de chance qu’il retrouve l’usage de son œil éclaté. Je dis éclaté parce que je l’apprendrais plus tard, il avait trois fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupière arrachée...

Entre ces deux moments ; celui où je l’ai quitté à la fête aux gnocchi et l’hôtel Dieu que s’était-il passé ? Il raconte : Il y a eu des feux d’artifice au dessus du marché. Nous nous y sommes rendus. Immédiatement, les policiers qui surveillaient depuis leur voiture se sont déployés devant. Une minute plus tard, alors que nous nous trouvions encore en face de la clinique, à la hauteur du marché couvert, les policiers qui marchaient à quelques mètres derrière nous, ont tiré sur notre groupe au moyen de leur flashball.

A ce moment-là je marchais et j’ai regardé en direction des policiers. J’ai senti un choc violent au niveau de mon œil droit. Sous la force de l’impact je suis tombé au sol. Des personnes m’ont aidé à me relever et m’ont soutenu jusqu’à ce que je m’assoie sur un trottoir dans la rue de Paris. Devant l’intensité de la douleur et des saignements des pompiers ont été appelés.

Il n’y a pas eu d’affrontement. Cinq personnes ont été touchées par ces tirs de flashball, tous au dessus de la taille. Il ne peut être question de bavures. Ils étaient une trentaine et n’étaient une menace pour personne. Les policiers tirent sur des images comme en témoigne le communiqué de l’AFP :

Un jeune homme d’une vingtaine d’années, qui occupait, avec d’autres personnes, un squat évacué mercredi à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a perdu un œil après un affrontement avec la police, a-t-on appris de sources concordantes vendredi. Le jeune homme, Joachim Gatti, faisait partie d’un groupe d’une quinzaine de squatters qui avaient été expulsés mercredi matin des locaux d’une ancienne clinique. Ils avaient tenté de réinvestir les lieux un peu plus tard dans la soirée mais s’étaient heurtés aux forces de l’ordre. Les squatters avaient alors tiré des projectiles sur les policiers, qui avaient riposté en faisant usage de flashball, selon la préfecture, qui avait ordonné l’évacuation. Trois personnes avaient été arrêtées et un jeune homme avait été blessé à l’œil puis transporté dans un hôpital à Paris, selon la mairie, qui n’avait toutefois pas donné de précision sur l’état de gravité de la blessure."Nous avons bien eu connaissance qu’un jeune homme a perdu son œil mais pour le moment il n’y a pas de lien établi de manière certaine entre la perte de l’œil et le tir de flashball, a déclaré vendredi la préfecture à l’AFP.

D’abord, la police tire sur l’image d’un jeune de 20 ans qui essaye de reprendre son squat. Et pour la police et les médias, cela vaut pour absolution, et c’est le premier scandale.

Quant à Joachim, faut-il rétablir la vérité sur l’identité de Joachim Gatti ne serait-ce que pour révéler la manipulation des identités à laquelle se livre la police pour justifier ses actes, comme s’il y avait un public ciblé sur lequel on pouvait tirer légitimement ?

    Joachim n’a pas 20 ans mais 34 ans.
    Il n’habitait pas au squat mais il participait activement aux nombreuses     activités de la clinique.
    Il est cameraman.
    Il fabrique des expositions et réalise des films.

Le premier film qu’il a réalisé s’appelle « Magume ». Il l’a réalisé dans un séminaire au Burundi sur la question du génocide. Aujourd’hui, il participe à la réalisation d’un projet dans deux foyers Emmaüs dans un cadre collectif.

On devrait pouvoir réécrire le faux produit par l’AFP en leur réclamant de le publier. Il serait écrit simplement — mais au moins ceci — :

Joachim Gatti, un réalisateur de 34 ans a reçu une balle de flashball en plein visage alors qu’il manifestait pour soutenir des squatteurs expulsés. Il a perdu un œil du fait de la brutalité policière.

Stéphane Gatti

http://la-parole-errante.org/index.php?cat=LPE-PRESENTATION



*** Stéphane Gatti, documentariste de création et animateur culturel,
est notamment le curateur et animateur, et le scénographe avec
Pierre-Vincent Cresceri, de l’exposition générale et des événements
pour mémoire de 1968-69 @ la maison de l’arbre à Montreuil : " Comme
un papier tue-mouches dans une maison de vacances fermée…" citée dans
le texte, conclue le même jour que la charge de police, le 8 juillet.

http://www.armand-gatti.org/index.php

** De quoi Sarkozy est-il le nom ? Alain Badiou, Nouvelles éditions
Lignes, Paris, 2008.
http://www.editions-lignes.com/DE-QUOI-SARKOZY-EST-IL-LE-NOM.html
(Ndlr : convaincue que ce livre est d’une grande
lucidité sur l’état de démembrement du sens collectif, je tiens à
préciser que pour autant il ne désempare pas le président de
l’engagement de ses responsabilités propre).

* Sur les "cyclopes" lire l’article "Montreuil, Villers le Bell,
Firminy, Continental" dans le quotidien activiste permanent Bellaciao.
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article88820


RAPPORT D'AMNESTY INTERNATIONAL 2009 SUR LES VIOLENCES POLICIÈRES EN FRANCE

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